Manger en pleine conscience : les 9 types de faims

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Dans cet article, nous allons voir les 9 types de faims. J’ai découvert cette façon de voir les choses dans “Manger en pleine conscience”, livre passionnant écrit par la docteur Jan Chozen Bays. Cet ouvrage est fondamental dans l’approche que j’utilise pour vous accompagner vers une démarche de manger en pleine conscience, afin de retrouver une relation saine avec la nourriture. Ce concept des 9 types de faim a particulièrement attiré mon attention. Aujourd’hui, je trouve intéressant de voir cela avec vous, pour continuer la réflexion que nous avons entamé ensemble, autour de la question : « Pourquoi mangeons-nous ? » J’avais déjà identifié certaines d’entre elles, mais cela m’a ouvert d’autres perspectives en m’apportant des éléments de compréhension supplémentaires, que j’ai envie de partager. Vous avez bien en tête les 5 raisons qui nous font manger ? Complétons maintenant avec les 9 types de faim.

Les 9 types de faim peuvent vous aider à manger en pleine conscience

Manger en conscience, cela commence par redéfinir et redécouvrir les sensations de faim. Dans mon accompagnement Indépendance cannelle, nous travaillons beaucoup sur ce point, car la plupart des femmes que j’accompagne les ont perdues (et peut-être que vous aussi ?). Dans mon article sur les raisons qui nous font manger, je vous ai parlé de cette capacité qu’ont les bébés et les enfants à suivre intuitivement leurs sensations de faim. Mais aujourd’hui, ces sensations physiologiques ne sont peut-être plus très claires pour vous. L’esprit a pu prendre le pas sur les sensations corporelles, notamment si vous avez fait de nombreux régimes ou si vous vous êtes régulièrement imposé des périodes de restriction. Intuitivement, nos sensations de faim et de satiété peuvent nous diriger vers tel ou tel aliment, selon les besoins de notre corps au moment même où nous mangeons. Mais la plupart des gens les ont perdues… Un travail de réappropriation peut alors être nécessaire !

Pourquoi avez-vous envie de manger ? La réponse la plus commune est : parce que j’ai faim. Oui, mais quel type de faim s’exprime à ce moment-là ? Ce serait vraiment intéressant que vous puissiez vous poser cette question avant de décider de manger, en conscience.

Je précise, avant de commencer, que toutes nos faims ont besoin d’être satisfaites. Mais elles peuvent se contredire, se bagarrer à l’intérieur de votre esprit. C’est alors le bazar dans votre tête, et ça, ça peut poser problème. Un certain type de faim peut s’exprimer à l’intérieur de vous par un « J’ai faim ! », tandis qu’un autre type de faim répondra que « Non, moi c’est bon, je suis rassasiée ». Pouvoir les reconnaître et savoir quel type de faim parle à un moment donné peut alors beaucoup vous aider ! Je vais maintenant les passer en revue, en vous proposant à chaque fois quelques exercices pour les identifier et leur répondre en conscience.

1. La faim des yeux

Le premier de ces types de faim, c’est la faim des yeux. Ces derniers peuvent convaincre l’esprit d’ignorer les signaux de satiété de l’estomac et du corps. Par exemple, dans certains restaurants comme les brasseries, on trouve souvent une vitrine dans laquelle sont exposés tous les desserts proposés. Ça peut être, par exemple, des mousses au chocolat, des îles flottantes, des parts de la tarte du jour, des gâteaux au chocolat, etc. Si vous êtes assis en face de cette vitrine, vous allez avoir ces desserts sous les yeux en permanence, pendant tout le repas. Du coup, la faim de vos yeux va venir vous dire « Oh tiens, ça a l’air appétissant ! J’en mangerai bien un morceau, de cette tarte ! » Une fois le plat de résistance terminé, le serveur viendra vous demander si vous souhaitez prendre un dessert. Peut-être que votre estomac vous dira que « Là non, c’est bon, je suis plein ! » Mais puisque vous avez eu ces desserts sous les yeux pendant le repas, votre faim des yeux, elle, elle aura vraiment envie de cette belle tarte qui brille et qui lui fait de l’œil depuis votre entrée dans le restaurant !

Ce type de faim peut aussi prendre une autre forme, relative aux quantités que vous mangez. Ainsi, la taille de votre assiette peut avoir une influence sur la taille de vos repas. Vous pouvez, par exemple, avoir pris le réflexe de remplir complètement votre assiette, ou au contraire de ne la remplir qu’à moitié. Si vous vous êtes donné comme intention de ne manger que la moitié de votre assiette, alors c’est la faim de vos yeux qui va guider ce que vous mangez. Les contenants de plus en grand peuvent alors devenir un problème… En récupérant, il y a peu de temps, des assiettes qui venaient de chez ma grand-mère, je me suis rendue compte qu’elles étaient plus petites que celles que nous avons achetées il y a quelques années. Les tailles de vaisselle ont varié, et les quantités que nous mangeons ont varié elles aussi.

Dans le livre « Manger en pleine conscience », l’auteure parle d’une expérience réalisée avec des bols sans fond. L’opération consistait à faire manger des personnes dans des bols qui se remplissaient au fur et à mesure qu’elles mangeaient. On s’est rendu compte que ces personnes mangeaient beaucoup plus de soupe que celles à qui on avait donné un bol « standard ».

L’exercice que je vous propose pour être consciente de votre faim des yeux, c’est d’être attentive aux images qui vous donnent faim. Quand vous vous promenez dans la rue ou dans le métro, notez ce que vous ressentez quand vous passez devant une belle affiche de nourriture ou devant une vitrine de boulangerie. Qu’est-ce qu’il se passe dans votre esprit quand vous voyez toutes ces pâtisseries ou ce bon pain ? Qu’est-ce qu’il se passe, également, lorsque vous regardez attentivement les aliments que vous allez manger ? Avant de commencer votre repas, regardez ce qu’il y a dans votre assiette. Observez la couleur, la brillance, etc. avant de commencer à manger. La faim des yeux est satisfaite par la beauté, par l’esthétique. Il peut être intéressant de prendre le temps de préparer une belle table, de bien dresser vos assiettes, afin de satisfaire la faim des yeux.

2. La faim du toucher

La deuxième faim dont nous allons parler, c’est la faim du toucher. Dans beaucoup de cultures, on mange avec les mains. Vous avez sans doute déjà observé cela : les personnes se mettent toutes ensemble à table, parfois assises par terre, autour d’un grand plat, dans lequel chacun vient se servir avec les mains. D’ailleurs, peut-être que certaines d’entre vous aiment préparer une pâte à la main, pour le plaisir de pétrir. Il y a quelque chose de presque sensuel dans le fait de manipuler les aliments. Les petits enfants, notamment, adorent découvrir les aliments avec leurs mains. Laissons-les explorer cela, ils auront beaucoup de plaisir à toucher les aliments, à les apporter à leur bouche, leurs lèvres… Les bébés qu’on laisse manger avec leurs mains se nourrissent d’ailleurs plus intuitivement que ceux qui sont nourris à la cuillère, notamment en ce qui concerne la quantité. Ils vont amener à leur bouche la quantité dont ils ont besoin. Il n’y a pas qu’avec nos mains que la nourriture peut être en contact : elle l’est aussi, à chaque bouchée, avec notre palais, avec notre langue, etc.

L’exercice que je vous propose pour satisfaire cette faim, c’est de réellement goûter la texture des aliments. Ça vous paraîtra peut-être bizarre au début, mais prenez vraiment le temps de poser l’aliment sur vos lèvres, de sentir la douceur, la rugosité, la mollesse… Puis, à l’intérieur de votre bouche, avec votre langue et votre palais : profitez. Prenez du plaisir grâce à la texture de votre aliment. Essayez de les varier, ces textures : croustillant, mou, dur, pâteux, liquide, gluant…

Plus largement, nous avons tous, en tant qu’êtres humains, besoin d’être touchés. Cependant, à part avec nos proches, le toucher est souvent quelque chose d’un peu tabou, particulièrement en cette période de pandémie… Je rencontre beaucoup de personnes qui me confient que le contact physique leur manque, donc vraiment, j’aimerais que nous cultivions ce besoin. Comblons-le avec l’alimentation et aussi avec le toucher physique du corps, de soi à soi ou de soi à l’autre.

3. La faim des oreilles

Le troisième type de faim, c’est la faim des oreilles. Si quelqu’un vous parle d’un délicieux plat qu’il a mangé, n’avez-vous pas faim ? Moi en tout cas, si on me donne beaucoup de détails, si on me le décrit précisément, ça peut me donner envie de manger et de goûter cet aliment ! Pourtant, je ne l’ai pas sous les yeux, je ne le sens pas, je ne le vois pas. L’évocation de ce plat, au travers des oreilles, créée des images mentales qui font que je vais avoir envie de le manger.

Par ailleurs, certains aliments sont “bruyants” quand nous les mangeons, tandis que d’autres sont silencieux. Par exemple, le son des chips, lorsqu’elles sont croquées, peut vous donner envie d’en manger, car ce bruit croustillant est appétissant. À l’inverse, certaines personnes peuvent être dérangées par le bruit que font les autres personnes en mangeant. Cela va aussi, par exemple, vous renseigner sur la fraîcheur de l’aliment : une vieille chips, un peu molle, n’aura pas un bruit agréable. D’ailleurs, les industriels prêtent attention à cela ! Ils soignent le bruit que font les chips quand vous les croquez, ou le bruit du glaçage des bâtonnets de glace, par exemple.

Une partie du plaisir vient donc de ce que nous entendons. Un exercice intéressant à faire pour identifier cette faim des oreilles et savoir comment vous la vivez, serait de faire tout un repas en mettant des bouchons dans vos oreilles. Observez comment vous le vivez. Avez-vous la sensation qu’il vous manque quelque chose ? Mangez-vous plus vite ? Vous pouvez aussi être attentive tout particulièrement aux bruits de vos aliments pendant un repas. Est-ce agréable pour vous ? Vous pouvez aussi satisfaire cette faim des oreilles autrement qu’en mangeant, au moyen d’une méditation sur le thème des sons ou d’un moment de silence. Soyez attentive à vos besoins de sons ou de silence en général, pour satisfaire cette faim des oreilles (qui est peut-être saturée !)

4. La faim du nez

La quatrième faim dont nous allons parler, c’est la faim du nez, ou comment les odeurs peuvent vous donner envie de manger alors que vous n’avez pas faim. Cela vous est sans doute déjà arrivé, de passer devant une boulangerie, notamment les chaînes de boulangeries dans les centres commerciaux, qui diffusent de puissantes odeurs de croissants ou de pain, et qu’elles vous donnent envie de manger. N’est-ce pas ? De la même façon, si vous aimez le chocolat et que vous entrez dans une chocolaterie, l’odeur vous donnera sans aucun doute envie d’en manger. D’une manière générale, si vous humez un aliment que vous aimez particulièrement, ça vous donnera envie de croquer dedans.

Un exercice à effectuer pour entraîner votre faim du nez et la satisfaire, c’est d’approcher votre assiette de votre nez et d’humer les odeurs. Continuez à être présente aux odeurs, à leur prêter attention pendant que vous mastiquez. Vous remarquerez qu’elles évoluent ! Vous pouvez aussi jouer aux devinettes, en tentant de trouver les ingrédients qui composent un plat sans le voir, grâce à votre odorat.

5. La faim de la bouche

Cette faim correspond au fait que la bouche aime ressentir des sensations agréables. Cette faim est variable d’une personne à l’autre : moi par exemple, je n’aime pas les plats trop épicés. La sensation piquante de feu dans la bouche qu’ils apportent, je ne la trouve pas agréable. Par contre, un enfant élevé en Inde appréciera sans doute ce type de nourriture. En effet, il y a un côté génétique, mais aussi éducatif dans les sensations des faims de la bouche, agréables ou désagréables. Certaines cultures ne comprendront pas du tout que nous aimions manger… des cuisses de grenouilles par exemple 😉 Ou des abats, qui sont des aliments assez particuliers. De la même façon, il y a des plats dans d’autres cultures que nous jugerons dégoutants, alors que certaines personnes les apprécient, voire en raffolent.

Les industriels jouent d’ailleurs là-dessus, en mettant plus d’arômes, plus de sucre ou plus de sel dans les aliments, pour “jouer” avec la faim de notre bouche et s’en servir à leur avantage. Les chips au poulet, par exemple, sont à mon sens une totale aberration. Qu’est-ce que le goût du poulet vient faire dans une chips ? Une chips, normalement, c’est une tranche de pomme de terre qu’on a fait griller, donc ça devrait avoir le goût de pomme de terre. Rajouter un goût de poulet, de sauce barbecue, ou je ne sais quoi d’autre, ça joue sur la faim de la bouche et ça la leurre.

Pour être pleinement satisfaite, la faim de la bouche a besoin que nous mettions de la conscience dans le goût des aliments. Elle se rassasie quand nous prenons le temps, vraiment, de nous demander quel est le goût que nous ressentons, s’il nous est agréable ou non, s’il correspond à ce que nous attendons. Vous l’avez peut-être remarqué : les premières bouchées peuvent apporter une incroyable explosion de plaisir, qui diminue au fur et à mesure des bouchées. Ce plaisir diminue au fur et à mesure du repas, mais aussi si on fait autre chose en même temps, car sans cette conscience sur le plaisir du goût, la faim de la bouche ne sera pas satisfaite et elle va en redemander.

De ce fait, un bon moyen de satisfaire les envies de sensations de la faim de la bouche, c’est d’apporter de la variété dans les textures et dans les goûts : sucré, acide, salé, amer… De même, prenez l’habitude de bien mastiquer, pour laisser le temps à la faim de la bouche d’être pleinement satisfaite.

6. La faim de l’estomac

Le sixième type de faim, c’est la fin de l’estomac. Quelles sensations ressentez-vous quand votre estomac a faim ? Certaines clientes me disent qu’elles ne savent même plus le ressentir. Vous, est-ce que vous pouvez me dire si votre estomac est vide, plein, à moitié vide ? Posez-vous cette question et essayez de le ressentir vraiment. Pour beaucoup de personnes, c’est compliqué de répondre à cette question, car nous l’avons déjà vu, nous mangeons beaucoup à cause d’injonctions extérieures. Si on vous a dit trop souvent et trop longtemps ce que vous devez manger, quand et en quelles quantités, vos sensations physiques de faim peuvent avoir été complètement mises de côté. Généralement, ces sensations sont désagréables et c’est tant mieux pour la survie de l’espèce, puisque sans cela, nous arrêterions de vouloir manger ! Le problème arrive quand les habitudes prennent complètement le pas sur ces sensations de faim et que vous mangez (ou ne mangez pas) à heure fixe, sans jamais les interroger.

Avec les clientes que j’accompagne, nous travaillons beaucoup sur ce sujet, parce qu’ignorer les signaux n’est pas une bonne chose, mais y répondre systématiquement immédiatement n’en ai pas forcément une non plus. Il faut trouver le juste milieu entre y répondre impérativement de suite, et différer. Ça me fait penser à l’une de mes clientes qui a travaillé sur la question du goûter. Elle en prenait systématiquement un, par habitude, depuis des années et des années, depuis qu’un plan alimentaire lui avait dit de faire « 3 repas et 1 collation ». Puis, elle a commencé à se poser la question : « Ai-je vraiment faim au moment du goûter ? » Parfois oui, dans ce cas, elle le prenait.  Et parfois non ! Parfois la sensation de faim arrivait une heure ou moins avant l’heure qu’elle avait prévu pour dîner. Dans ce cas-là, elle faisait le choix, soit de dîner plus tôt, soit d’attendre un petit peu, car ce n’est pas une obligation de répondre immédiatement à cette faim. Petit à petit, elle a appris à prendre ou non ce goûter en fonction de sa faim, et non pas en fonction d’un plan alimentaire ou de conseils extérieurs.

Je vais me répéter, mais l’exercice que je vous conseille de faire, c’est de vraiment vous poser cette question : « Est-ce que mon estomac est plein, vide ou à moitié rempli » ? Vous pouvez le faire avant chaque moment où vous allez manger. Vous pouvez utiliser, par exemple, une échelle de 0 à 10. 0 pourrait correspondre à une sensation de faim neutre : vous n’avez ni faim ni pas faim. 5 pourrait être une sensation légère de faim, qui correspond à un estomac à moitié vide. Manger un peu est alors une bonne idée. Faites de même à la fin du repas, pour vous reconnecter aux sensations de votre estomac.

7. La faim des cellules

Le septième type de faim, c’est la faim des cellules. Pour Jan Chozen Bays, c’est la plus importante parce que c’est celle qui permet de nourrir le corps d’une manière optimale. À la naissance, nous l’avons déjà vu dans l’épisode 1, nous savons être à l’écoute de notre corps. Les enfants savent quoi manger pour apporter à leurs cellules ce dont elles ont besoin. Cette aptitude s’étiole au fil du temps et des injonctions de notre société. Pourtant, notre corps sait nous envoyer les bons signaux. Par exemple, un des symptômes du diabète est une fréquente envie d’uriner et une soif persistante. Notre corps nous appelle à boire plus d’eau, afin de diluer ce taux trop élevé de sucre dans le sang. Autre exemple : un organisme qui manque de fer peut nous donner envie d’un gros steak ou d’une plâtrée de lentilles ! Jan Chozen Bays évoque ainsi, elle qui est végétarienne, des envies de steak saignant qu’elle a pu avoir alors qu’elle était carencée en fer.

Cette faim peut également varier avec les saisons : ainsi à l’automne, le corps a tendance à vouloir faire plus de stocks. Cela date d’une époque où les maisons étaient mal chauffées. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais nous avons gardé ce fonctionnement. C’est intéressant d’observer ce type de pensées qui vous incitent, par exemple, à manger quand il fait froid, alors que vous avez du chauffage. Y prêter attention, savoir les repérer, cela vous évitera de vous faire « hameçonner » par elles lorsque votre corps n’a pas réellement besoin de ce qu’elles vous incitent à consommer. Développer la conscience de cette faim pour l’utiliser d’une façon plus subtile qu’en mangeant plus en l’hiver, cela peut se travailler en prenant quelques instants avant les repas, pour interroger votre corps sur ce dont il a besoin. Des exercices spécifiques de pleine conscience peuvent permettre de travailler cela.

Vous pouvez aussi faire confiance à certaines “intuitions” de votre corps, qui vous donnent des envies subites de tel ou tel aliment. Cela peut notamment vous arriver quand vous êtes malade. Cela vous est-il déjà arrivé, en étant malade, d’avoir des envies bizarres ? Et bien, en fait, ce n’est pas forcément si bizarre que cela ! C’est peut-être votre corps qui vous réclame un type d’aliment qui lui serait bénéfique. Si cela vous est arrivé, n’hésitez pas à me raconter ça 😉

8. La faim de l’esprit

Cette faim-là prend son origine dans nos pensées. Ça peut prendre la forme, par exemple, de pensées telles que :

  • « Je devrais manger plus de légumes. »
  • « Je ne devrais pas manger de sucre. »
  • « Je dois boire 1,5 L d’eau par jour. »

Cette faim est très influencée par ce que nous lisons, entendons, par les différentes injonctions nutritionnelles qui nous parviennent. Cette faim aime beaucoup les absolus et les opposés. Avec elle, c’est blanc ou c’est noir, elle ne connaît pas trop le gris. Elle aime les règles rigides, ce qui est très anxiogène. Elle nous fait donc faire des choix guidés par la peur et le stress. Les pensées de cette faim vous attrapent et vous guident vers des actions qui ne sont pas forcément adéquates par rapport à vos besoins à vous. Si nous ne prenons pas garde à vérifier si c’est cohérent avec ce qui est important pour nous, cohérent avec la faim réelle de notre corps, cette faim-là va venir nous embarquer. J’aime même dire qu’elle nous hameçonne : on l’attrape quelque part, tel le poisson qui engloutit le ver et se fait littéralement emporter. Cette pensée vous amènera peut-être vers des aliments dont vous avez effectivement besoin, mais pas forcément. Il est important de pouvoir interroger votre corps. C’est notamment cette faim-là qui fait naître des voix dissonantes dans votre esprit, à l’instar de l’image de l’ange et du démon. L’idéal serait de pouvoir trouver, entendre et suivre la voie du milieu. Les aliments ne sont que des aliments. Essayez de ne pas les encenser, ni de les rejeter systématiquement.

Des exercices que vous pouvez faire, pour identifier ces pensées qui vous hameçonnent, ce sont des exercices d’observation de vos pensées par rapport à l’alimentation. Le but est de mettre en lumière ces pensées, de discerner les voix discordantes en vous, afin de ne pas vous laisser embarquer sans vous en rendre compte. Observez comment ces pensées guident votre comportement. Il peut s’agir d’exercices formels de pleine conscience ou de méditation, pendant lesquels vous allez être observateur du fonctionnement de votre esprit. Ça peut être aussi le fait de prendre des notes à chaque fois qu’une pensée vous embarque (ou vous a embarqué) vers un comportement qui n’est pas en accord avec ce que vous souhaitez. Enfin, essayez d’avoir un esprit critique à chaque fois que vous lisez quelque chose sur l’alimentation. Ne prenez pas tout pour argent comptant ! Ce conseil s’applique aussi très bien aux parents, au sujet de l’éducation de leurs enfants. Vraiment, vraiment, je vous incite à développer votre esprit critique !

Cette faim de l’esprit est compliquée à satisfaire, car notre esprit change souvent d’avis 😉 Mais vous pouvez y être attentive et ne pas vous laisser embarquer par ces pensées. Vous ne pouvez manger en pleine conscience que si vous faite taire les pensées qui inondent votre esprit d’injonctions contradictoires.

9. La faim du cœur

Le neuvième et dernier type de faim, c’est la faim du cœur. Celle-ci parle de tout ce que les aliments évoquent pour vous, de toutes les émotions qui sont liées aux aliments. La faim du cœur est très bien illustrée par la célèbre madeleine de Proust, dans son livre « À la recherche du temps perdu ». Je ne résiste pas à l’envie de vous partager cet extrait :

« Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût c’était celui du petit morceau de madeleine que, le dimanche matin, à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait, après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. (…) Quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »

Vraiment, ces souvenirs nourrissent le cœur. Ce qui nourrit le cœur, c’est le souvenir du goût, certes, mais aussi celui des relations, de l’intimité partagée. Proust parle là de sa madeleine, mais aussi et surtout de sa relation avec cette tante et de ce qu’il lui en reste. Ce qu’il en garde en mémoire, c’est cette intimité qu’ils partageaient. Il s’agit des repas préparés pour les proches, l’amour que vous y mettez, ou les repas que vos proches ont préparés pour vous, les moments partagés autour… C’est tout cela qui constitue cette faim du cœur. Ce sont ces souvenirs qui la nourrissent. Elle peut aussi se vivre de vous à vous, d’ailleurs !

Concernant ce type de faim, ce qu’il est important de comprendre, c’est que vous ne pouvez pas compter que sur la nourriture pour combler toute la faim de votre cœur. Ce qui nourrit ce dernier, c’est avant tout l’intimité avec le moment présent. C’est le présent qui vous permet de goûter la douceur du moment, d’être en présence avec elle et, justement, de construire tous ces souvenirs. Utiliser la nourriture pour répondre à une faim du cœur n’est pas forcément un problème en soi. Là où ça devient compliqué, c’est lorsque vous utilisez la nourriture pour changer vos émotions, notamment désagréables. Posez-vous honnêtement la question : est-ce que cela vous arrive de manger pour éloigner une émotion désagréable ? Quel aliment choisissez-vous de ce cas-là ? Partagez-moi cela. Il y a fort à parier que cet aliment que vous choisissez, soit un aliment qui nourrit cette faim du cœur, en raison des souvenirs qu’il évoque.

Le premier exercice que je peux vous proposer, c’est d’identifier quels sont vos aliments doudous et quels sont les souvenirs qui y sont liés. La prochaine fois que vous en consommerez, demandez-vous quelle émotion était présente. Puis, la fois suivante où vous mangerez cet aliment doudou pour vous réconforter, faites-le en pleine conscience. Soyez pleinement consciente que vous êtes en train de répondre à cette faim du cœur, pour vous aider à vivre cette émotion qui est difficile. Dégustez cet aliment doudou, en utilisant tous les types de faim : sentez-le, prenez conscience de toutes les sensations que cela vous procure. Puis observez en quoi c’est différent.

Ma conclusion pour manger en pleine conscience grâce aux 9 types de faim

Pour conclure, je dirais que les faims qui posent le plus généralement de problèmes dans votre quotidien sont celles de la bouche, du cœur et de l’esprit. Ce sont souvent elles qui vous poussent à manger plus que ce dont votre organisme a besoin quand vous n’arrivez pas à les reconnaître et à les satisfaire. Ce que je vous propose, c’est de prendre un moment, la prochaine fois que vous mangerez, pour vous recentrer sur votre intériorité. Prêter attention, en pleine conscience, à vos pensées, vos sensations, vos émotions. Cela vous aidera à répondre à cette question : qui a faim ? Quelle est la faim qui s’exprime en ce moment ? Cela vous vous éclairera et vous permettra, petit à petit, de répondre d’une manière adéquate à la faim qui s’exprime à ce moment-là. Vous vous rendez compte que certaines sont dissonantes. La faim de la bouche peut vous dire « J’en veux encore, j’en veux encore ! » alors que la faim de l’estomac est rassasiée. D’où l’importance de les reconnaître, afin de pouvoir adapter. À force de pratique, cela deviendra un automatisme ! Mais comme je le répète souvent, rien ne se fait sans s’entraîner… Pratiquez, pratiquez, pratiquez, et vous verrez que vous finirez par le faire sans y penser.

J’espère que cet article vous aura permis de découvrir des choses, comme moi avec le livre Jan Chozen Bays, « Manger en pleine conscience ». Si tel est le cas, n’hésitez pas à laisser une note à mon podcast ou à laisser un commentaire pour partager votre expérience. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez également suivre mon compte Instagram, sur lequel je vous propose régulièrement des challenges à vivre ensemble !

4 réponses

  1. Bonjour,
    Merci pour ce post cast.
    Très intéressant !
    N ayant pas Instagram, je ne pensais pas pouvoir écouter….
    Bonne journée
    Alice

    1. Bonjour Alice ! Merci pour votre commentaire. Oui ! Le podcast peut s’écouter ici même, ou sur votre plateforme d’écoute préférée ! Spotify, Apple Potcast… Ravie que cet épisode vous ait plu ! Hâte d’avoir vos retours sur les autres ! 😊

  2. Merci Anne pour cette série de podcasts très intéressants. Aujourd’hui j’ai envie de te relater une petite expérience : En pleine session de cuisine hebdomadaire, je pensais à ce morceau de chocolat que je n’avais pas pris avec mon café tout à l’heure. J’y pensais beaucoup en écoutant tes podcast. J’ai fini par sortir la tablette en me disant que comme souvent j’allais la terminer. Et j’ai pensé à ton conseil de commencer à manger en pleine conscience. J’ai sorti deux carrés et rangé la tablette. Je les ai regardés, sentis, dégustés petits morceaux par petits morceaux en les laissant fondre dans ma bouche, en laissant l’amertume napper mes papilles, en l’onctuosité envahir ma bouche. J’en ai croqué d’autres pour ressentir le croquant et la fonte. J’ai mangé les deux carrés que j’avais sortis. Et la tablette est toujours dans le placard. Je vais même te dire que j’ai mangé le second carré parce que je l’avais sorti, parce qu’en prenant mon temps et en me concentrant sur les sensations, au bout du premier carré j’étais déjà remplie de ce que je cherchais, je n’avais pas vraiment envie de manger le deuxième parce que j’avais l’impression d’avoir englouti la tablette. Sans le mal de ventre et l’état un peu nauséeux ce que je ressens après ce type de compulsion quand j’en ai. Merci pour ça

    1. Merci Laurence pour ce partage d’expériences ! C’est vraiment génial je trouve de rendre ainsi hommage aux aliments d’une façon pleine, entière, ne passant pas à côté de tout le plaisir qu’ils peuvent nous apporter !
      Remettre de la conscience, et se donner une permission inconditionnelle de manger, en mettant de côté les injonctions et la culpabilité… bonne fin de chocolat ! Sans maux de ventre ni écoeurement ! 😊

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