TCA et vie de couple : comment aider sans s’abîmer ?

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Cannelle :

Bienvenu dans ce nouvel article de mon podcast sur l’alimentation, « La pleine conscience du pouvoir ». Aujourd’hui, nous allons parler TCA et vie de couple. En échangeant avec vous, Lucie, thérapeute de couple, et moi-même, nous nous sommes rendu compte de l’importance de la relation amoureuse lorsque l’un des partenaires souffre d’un trouble du comportement alimentaire… ainsi que des effets que celui-ci peut avoir sur le couple. Quelle est la place du conjoint aidant pour une personne souffrant d’anorexie, de boulimie ou encore d’hyperphagie ? Quels sont les besoins de l’un et de l’autre entre TCA et vie de couple ? Comment évoluent-ils et comment les concilier ? Comment bien communiquer dans son couple pour faire face à l’épreuve d’un TCA ? Quelle place pour le corps et la sexualité dans ce contexte ? Toutes les 2, nous allons creuser ce sujet pour vous apporter des pistes si vous rencontrez des problèmes dans votre couple en raison d’un trouble du comportement alimentaire ou d’une relation compliquée avec la nourriture.

2 thérapeutes pour vous parler TCA et vie de couple

  • Je vais commencer par te dire bonjour Lucie !
  • Bonjour Anne !
  • Avec Lucie, nous sommes collègues au niveau départemental, puisque toi aussi tu as un cabinet dans l’Essonne. Tu es un petit peu éloignée de moi, mais pas très loin malgré tout. 😉 Nous nous sommes rencontrées il y a plus de 2 ans maintenant. Nous suivions des formations en commun et nous nous sommes rapprochées de par nos professions qui ont en commun la notion d’accompagnement. Voilà pourquoi tu es là aujourd’hui et pourquoi je suis ravie de t’accueillir pour cet article-mixte autour du thème : TCA et vie de couple. Est-ce que tu veux bien te présenter ? 😊
  • Oui ! Moi c’est Lucie et mon diplôme, c’est celui de « conseillère conjugale et familiale », mais j’aime bien parler de « thérapeute de couple », par facilité de langage. Thérapeute de couple peut inclure plusieurs métiers, plusieurs diplômes, dont le mien ! Comme tu l’as dit, je consulte dans mon cabinet, à Chilly-Mazarin, dans l’Essonne. Je consulte également en ligne et je reçois des couples, mais aussi des personnes seules. Pour ces dernières, il peut s’agir de célibataires ou de personnes en couple, dont le partenaire n’a pas envie de consulter, ou de personnes qui ont envie de faire une démarche individuelle par rapport à leur couple.
  • Tu es également l’auteure d’un podcast, toi aussi, Lucie…
  • Effectivement ! J’ai un podcast, qui s’appelle « Un temps pour nous » et qui aborde les thématiques du couple, de la sexualité, de la communication, etc. Il y a déjà pas mal d’épisodes de publiés et en ce moment, j’en sors un nouveau environ tous les 15 jours.
  • Tu as aussi un compte Instagram, sur lequel on trouve pas mal de ressources… et un compte Youtube également, il me semble. N’est-ce pas ?
  • Oui, je publie moins de vidéos maintenant, mais il y en a déjà un certain nombre. Mon compte Instagram date de début 2020, environ, donc aujourd’hui il contient une bonne dose de contenus. J’ai aussi des articles sur mon blog… Bref, j’essaie de mettre énormément de contenus à disposition. J’ai abordé beaucoup de thématiques autour du couple et des difficultés que peuvent rencontrer mes clients. Je propose beaucoup de pistes de réflexion et de solutions pour ceux qui ont envie de se poser des questions, de prendre soin de leur couple, ou qui rencontrent des difficultés dans leur relation amoureuse.

La place de l’aidant dans un trouble du comportement alimentaire

  • Justement, pour rebondir sur les problèmes que l’on peut rencontrer dans une relation : attardons-nous sur la place de l’aidant entre TCA et vie de couple. Je trouve que c’est une position extrêmement délicate, que ce soit parce que l’un des 2 souffre d’un trouble du comportement alimentaire, un TCA donc, pour raccourcir 😉, ou pour toute autre difficulté impliquant l’existence d’un aidant. Évidemment, nous disons TCA, mais il peut s’agir plus largement d’une relation troublée avec l’alimentation, au travers de compulsions ou d’un contrôle extrême, par exemple. En somme, quand l’alimentation est d’une façon ou d’une autre un sujet de tensions internes pour la personne : comment ça se passe dans la relation ? Comment le conjoint ou la conjointe va se retrouver pris là-dedans aussi ? Dans ce blog, nous parlons spécifiquement de la relation avec l’alimentation. Mais, évidemment, la place de l’aidant est beaucoup plus large. Ça peut concerner toute autre pathologie ou toute autre problématique…
  • Absolument ! Il y a des similitudes d’une problématique à l’autre. Je dirais que, d’une manière générale, quel que soit le sujet, il existe beaucoup d’injonctions sociales, de « il faut ». Le couple n’y échappe pas. Quand il y a ce type de difficulté, que ce soit un TCA ou plus largement un trouble quelconque, une maladie, un dysfonctionnement ou quelque chose de compliqué : tous les « il faut » de la société vont venir se greffer. Sur la place de l’aidant, notamment, il y a des « il faut ». Il existe des injonctions quant à ce qu’on devrait faire, ce qu’un couple « normal » devrait faire et être dans ce type de situations-là. Ça vient mettre une sorte de pression, assez intense, assez énorme, à la fois sur la personne concernée et sur l’aidant. Je trouve que, vraiment, ce n’est pas évident de se dépatouiller de ça. Ça ne l’est déjà pas en temps normal, mais ça l’est à plus forte raison quand on est en train de vivre un trouble ou une difficulté. On n’a pas besoin, en plus, de se taper toute la pression autour de « et mon couple là-dedans… ? ». En ce qui concerne la place de l’aidant, mon avis est qu’il faut quelque chose de réfléchi, de décider et non pas de subi. Or, souvent, c’est une situation subie, basée sur des « il faut », des « Je dois avoir cette place-là pour l’autre. », ou, à l’inverse, des « L’autre doit être comme ci ou comme ça avec moi. ». Là, nous sommes en plein dans des « il faut »… qui, parfois, ne conviennent pas.
  • Et oui, parce que ce n’est pas forcément ce que l’autre attend, en fait !
  • Absolument ! De manière générale, même si je mets des guillemets autour de ce que je dis, nous sommes un peu dans un fonctionnement où l’aidant a la place d’une infirmière. « L’autre est malade, donc je dois prendre soin de lui. » Nous ne sommes pas tous religieux, mais il n’empêche que vis-à-vis du mariage notamment, nous sommes imprégnés dans cette idée que « je serais là même dans la maladie, même dans l’épreuve, même quand tu n’iras pas bien ». Cette idée que « c’est mon rôle, c’est ma place, c’est à moi d’être là pour m’occuper de l’autre » est un exemple d’injonction sociale. La place de l’aidant peut être extrêmement compliquée à gérer aussi parce qu’il n’a peut-être pas envie de ça, qu’il ne sait peut-être pas comment faire. Il n’a peut-être pas été aiguillé dans ce rôle. Par ailleurs, je pense que la personne qui souffre de ces troubles n’a, elle non plus, peut-être envie que l’autre ai cette place-là, que l’autre soit son infirmière. Du coup, c’est vraiment une réflexion à avoir au niveau du couple : « Qu’est-ce qui est OK pour nous ? Qu’est-ce que NOUS, nous avons envie de mettre en place ? » et à son propre niveau : « Est-ce que j’ai envie que tu sois mon « infirmière » et que tu aies ta place dans ce que je suis en train de vivre ? Ou est-ce que j’ai plutôt envie d’une démarche personnelle et de vraiment faire la distinction entre les moments pour le couple et les moments où je prends soin de moi ? ».

Quand les envies de l’un ne sont pas celles de l’autre

  • Ce qui peut aussi être compliqué, comme situation, c’est lorsque l’aidant a absolument envie d’aider l’autre, alors que celui qui souffre de la problématique n’a vraiment pas envie de ça. Certains aidants sont vraiment dans un état d’esprit du type : « Mais si, je vais t’aider ! », ou bien ils mettent un petit peu de pression, ou encore essaient d’avancer plus vite que la vitesse dont l’autre a besoin… Alors même que ce n’est pas forcément cette posture-là que l’autre souhaite de sa part. Comment arriver à équilibrer une situation comme celle-ci, pour que désir d’aider, TCA et vie de couple cohabitent plus harmonieusement ? 
  • C’est notamment dans ce genre de situations que je trouve intéressant que ces problématiques soient accompagnées par un professionnel. Souvent, ce type de cas de figure sera vécu par l’aidant comme un rejet. « Mais je t’aime, j’ai envie de t’aider, j’ai envie d’avoir cette place-là pour toi, j’ai envie d’être cette personne qui te soutient ! » Se faire rejeter, se voir refuser cela, alors qu’on vient pour aider, c’est compliqué, surtout quand on voit l’autre en difficulté. Je les entends, ces « Mais tu vois bien que tu galères, tu vois bien que tu as besoin de moi ! ». C’est délicat et désagréable également, d’être en face et de devoir dire que « Oui… mais ce n’est pas à toi que j’ai envie de donner cette place ». C’est complexe de faire cette différence et d’expliquer que : « Oui, peut-être que je galère et que j’ai besoin d’aide, mais je n’ai pas envie que ce rôle-là soit le tien. ». Je pense que c’est intéressant de faire la part des choses entre ce besoin d’être aidé, ce besoin d’être soutenu, d’avoir un espace de parole, et le fait qu’on ai envie, ou non, que ce soit son partenaire qui tienne cette place-là. Elle est là, la nuance. Je pense que c’est bénéfique d’accompagner aussi l’aidant sur ce point. Il faut prendre le temps d’expliquer : « Non je ne te rejette pas, mais je suis en train de chercher de quoi j’ai besoin et qui peut tenir quel rôle. », ce qui est différent de « je te rejette comme partenaire ». Il peut y avoir besoin de le répéter : « J’ai envie que tu sois mon partenaire, on s’aime, j’ai envie que tu sois là, j’ai envie que tu sois présent… mais je n’ai pas envie que tu endosses ce rôle-là. ». Sinon, ça peut être assimilé à du rejet un peu brut, alors que l’autre avait une volonté louable de venir en soutien.

Les besoins lorsqu’on essaie de se réconcilier avec la nourriture

  • Sachant aussi que ça peut être fluctuant, ce truc-là ! On peut avoir besoin, parfois, que l’autre soit là et nous soutienne, et à d’autres moments avoir vraiment envie d’être seul dans ce que nous vivons. Ajuster cela, c’est presque de la dentelle !
  • Oui, c’est de la dentelle, de la souplesse. Dans le rôle de l’aidant, il peut y avoir des choses importantes à verbaliser notamment quand on est dans quelque chose qui fluctue, quand on est dans ces « y a 2 mois tu ne voulais pas de mon aide et maintenant il semblerait que tu aies besoin de moi, finalement ». Par ailleurs, il faut être conscient qu’on peut choisir de dire qu’on veut que l’autre soit présent et nous aide… mais que l’aide dont on a besoin peut aussi changer. Ainsi, à certains moments, pour aider il faudra être très présent, mais à d’autres moments, pour aider il faudra laisser l’autre respirer et garder un petit peu de distance. Dans les 2 cas, il s’agit d’aide ! Mais effectivement, on est sur quelque chose qui s’ajuste et sur des besoins qui sont variables, changeants, en fonction de là où on est, de l’évolution de son travail sur soi. Les besoins, quels qu’ils soient et quel que soit le sujet, peuvent se modifier.
  • Tout à fait ! Je reviens sur ce que tu disais tout à l’heure, sur l’importance, quand ça n’est pas possible de le faire seul, ou en tout cas au sein du couple, de pouvoir dire ce qu’on attend de l’autre, ce qu’on a envie de donner à l’autre et d’être accompagné dans ce processus-là.
  • Oui, c’est important. Ça va permettre d’avoir un espace extérieur, car TCA et vie de couple ne sont pas obligés d’être liés en permanence, non-stop. C’est intéressant, je trouve, d’avoir un espace dédié à sa relation de couple, qui ne soit pas pris dans le quotidien, pris dans la masse et teinté de difficulté. C’est important que ce soit vraiment un espace prévu exprès pour ça. Cela nécessite de porter son attention sur la question : « Quels sont mes besoins ? », pour pouvoir dire : « Là j’ai besoin de toi, mon partenaire. », ou « Là j’ai envie d’être aidé par un autre soutien. » et pour être capable de faire la part des choses. Comme tu le dis, c’est quelque chose d’assez affiné, d’assez subtil et ça demande une bonne connaissance de soi, de bien savoir identifier et exprimer ses besoins et que l’autre en face soit réceptif. Il ne faut pas se leurrer : il y a aussi des réalités. L’autre en face n’est pas toujours ultra réceptif et ultra compréhensif par rapport à des situations qui vont durer dans le temps. Il peut y avoir une forme d’épuisement de l’aidant, qui peut, parfois, être lassé et être fatigué de devoir s’ajuster à l’autre, prendre en considération tout le temps les besoins de l’autre, parfois au détriment des siens.
  • Ça me fait penser à l’aide dont a besoin l’aidant, au soutien dont il a besoin, lui aussi.
  • Exactement ! Qui aide l’aidant ?
TCA et vie de couple

La question du secret d’un TCA dans la vie de couple

  • Quel espace il ou elle peut-il avoir pour se ressourcer, pour que ses besoins soient pris en compte ? Ça peut être extrêmement complexe. Il y a une question que nous avions réfléchi à aborder ensemble, qui nous a été suggérée : c’est la question du secret. Je pense à l’hyperphagie par exemple, ou à la boulimie qui peuvent se vivre sans que ça ne se voie. Il y a alors ce secret au milieu du couple. La personne qui souffre peut aussi ne pas avoir envie que l’autre le voit, même si ça peut être un éléphant au milieu de la pièce.
  • Selon moi, avec ce type de trouble, comme avec certaines maladies, c’est un autre qui est présent. On en parle aussi dans le cadre des addictions, avec lesquelles on dira que « il y a le couple et il y a l’alcool », avec cette idée que l’alcool a une place, qu’il a vraiment une place, qu’il fait partie du trio. Je trouve qu’avec un TCA, il y a de ça aussi : il y a moi, il y a toi et il y a le TCA au milieu. Du coup, il y a aussi une désinteraction et des conséquences. Quand bien même on mettrait un secret dessus, tant que le TCA est encore là, sa place existe quand même. Quand bien même c’est tu et caché, le fait est qu’il est là. Il y a alors des modifications du comportement, des façons d’être, des décisions qui vont être prises, des « ba non ce soir je n’ai pas envie de sortir… », etc. Des actions vont être réalisées (ou non) en conséquence de ce TCA et l’autre ne va pas forcément les comprendre. Il peut assimiler ça à du rejet ou à quelque chose d’incohérent. « Mais pourquoi est-ce qu’elle n’a pas envie de ci ou ça… ? », alors qu’en fait c’est le TCA qui est à l’origine de ça. Il peut y avoir des incompréhensions dans le couple et parfois même des éloignements, parce que l’autre peut prendre pour lui quelque chose qui ne le concerne pas. Imaginons quelqu’un, par exemple, qui serait aux prises de l’hyperphagie et qui s’isolerait pendant sa crise parce qu’elle n’a pas envie que l’autre la voit ainsi. Cet isolement, l’autre peut ne pas le comprendre. Pourquoi est-ce qu’elle s’isole ? Pourquoi est-ce qu’elle n’a pas envie que je sois là ? D’où ça vient ? Que se passe-t-il ? Il n’y a pas de mots qui sont mis là-dessus, ou alors il y en a mais ils ne correspondent pas à la réalité et cela peut, à un moment, se sentir. L’autre se dira alors « Je vois bien que c’était bizarre… » et ça va venir créer des doutes. « Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre ? Est-ce qu’elle ne m’aime plus ? ». Ça va engendrer des complications, alors que c’est le TCA. Ceci étant, mon discours n’est pas qu’il faut le dire. TCA et vie de couple sont forcément liés à partir du moment où il y a un TCA, mais en parler immédiatement n’est pas fatalement la seule option. Je sais bien que ce n’est pas aussi simple que ça, car si ça l’était, ce serait fait. Mais je pense qu’il faut l’avoir en tête. Ce secret et la gestion de ce secret, ce doit être un cheminement. Il peut y avoir un accompagnement. Si aujourd’hui on choisit le secret, c’est parce que c’est le plus confortable… pour soi. Il faut alors peut-être se poser la question : « Qu’est-ce que je veux pour mon couple ? Quelles sont mes valeurs ? Est-ce que j’ai des valeurs d’authenticité et de partage ? Est-ce que c’est cela mon envie, mon objectif ? Ce n’est peut-être pas ça ma réalité pour le moment, mais est-ce que c’est mon objectif ? Est-ce qu’à terme, j’ai envie de pouvoir tout dire à l’autre ? Est-ce que j’ai envie que mon partenaire soit quelqu’un qui puisse… peut-être pas « tout savoir de moi », mais en tout cas, est-ce qu’à terme j’ai envie de partager ça ? ». Parfois, les gens s’enferment dans des idées comme « Là ce n’est pas possible, je ne le sens pas… ». Ce sont des pensées fermées, et j’aime inviter à la souplesse : « OK, là ce n’est pas possible. Mais est-ce que c’est ce vers quoi j’ai envie d’aller ? ». Ainsi, on peut passer vers quelque chose d’évolutif, se dire que, pour le moment ce n’est pas possible mais que c’est vers ça que j’ai envie d’aller. Quel serait le premier petit pas ? Est-ce que je peux expliquer un petit peu quelque chose ? La notion de secret s’assouplit alors. De plus, ça permet aussi de prendre conscience qu’un secret à des répercussions. Quand, à un moment ou à un autre, l’autre découvrira ce secret, quelles répercussions sur la relation de couple cela aura-t-il ? Tout cela, à mon sens, a besoin d’être soutenu, entouré, accompagné. Les secrets et les révélations de secret ne sont pas anodins.
  • D’autant plus que, notamment pour ce genre de sujets, c’est souvent la honte qui accompagne ce type de comportement. On se demande : « Comment est-ce que l’autre va me voir s’il sait l’affreuse personne que je suis ? ». Je schématise un peu, mais l’idée est là.
  • Bien sûr ! D’un autre côté, plus le temps passe et plus on entretient l’idée que l’autre nous apprécie, nous aime et est présent, non pas pour soi mais pour celle qu’il croit que l’on est. Ça entretient l’idée qu’on ne peut pas lui dire, puisque c’est pour l’illusion de ce que l’on est que l’autre reste. Ça enferme dans l’idée que ce n’est pas vraiment soi qu’il aime et que si on lui disait, alors il partirait, alors il ne resterait pas. Ça vient alimenter davantage et davantage encore ce secret. Donc je comprends, mais il faut avoir une ouverture, un point de vue large sur cette notion de secret.
  • J’aime bien ce que tu dis, quand tu parles d’ouvrir la perspective vers le fait que « OK, c’est comme ça aujourd’hui. Pour le moment, je ne peux pas parler à l’autre de ce que je vis, de ce qui m’habite, de la souffrance que je traverse… Mais peut-être que ça va changer, plus tard. Comment puis-je avancer, quel pas puis-je faire, sans lui balancer le truc d’un coup ? ».

De l’intérêt de se libérer des injonctions sociales amoureuses et alimentaires

  • Ça amène une forme de souplesse, de voir les choses ainsi. Progressivement, ce qui était impossible va évoluer vers un « Et si je le faisais… comment je le ferais ? ». Petit à petit, on amène quelque chose d’un peu plus souple, quelque chose de l’ordre d’une possibilité, là où c’était complètement fermé avant. Mais, effectivement, c’est un cheminement, qui se respecte, qui prendra le temps qu’il prendra. Là encore, je pense qu’il faut sortir de ces injonctions sociales pleines de « il faut dire », « ce n’est pas normal si… ». Il y a plein de gens qui ont des secrets, et TCA et vie de couple ne sont pas les seuls sujets concernés. C’est la réalité de vie de plein de personnes. Alors, comment est-ce qu’on accompagne ça, plutôt que de leur taper sur la tête avec des « tu ne devrais pas ! » ?
  • Et oui, c’est très important ce que tu dis là.
  • Les « tu ne devrais pas », c’est hyper fermant, c’est hyper limité. Qu’est-ce qu’on peut faire avec ça ? « OK, je ne devrais pas… Mais je n’ai pas de piste, je n’ai pas de sortie… » C’est dramatique ! C’est pour cela que j’invite à être dans la réalité de ce qui est pour soi et de ne pas être dans quelque chose de contraint et forcé. Demandons-nous : « Qu’est-ce qui est OK pour moi, aujourd’hui ? », mais en ayant en tête que ça ne concerne qu’aujourd’hui.

Quand le conjoint ne comprend pas les TCA

  • C’est ça, je suis d’accord. Par ailleurs, je pense que ce qui bloque en partie le fait d’aller parler à l’autre, c’est la peur d’être jugé, la honte de ce que l’on a vécu… mais aussi la peur que l’autre ne comprenne pas. Nous avons eu des témoignages dans ce sens-là aussi. Il s’agissait de témoignages de femmes en l’occurrence, qui disaient que « Mais l’autre ne me comprend pas, en fait ! C’est comme si nous parlions 2 langues différentes ! ». Dans un cas d’anorexie, par exemple, on peut expliquer qu’on n’arrive pas à manger, mais l’autre peut ne réellement pas comprendre que ce soit possible de ne pas arriver à manger… ou, pour l’hyperphagie, de ne pas arriver à arrêter de manger. L’autre peut alors lancer des « Tu n’as qu’à pas grignoter ! » ou minimiser le problème… Quel fossé ça peut creuser !
  • Absolument ! D’une manière générale, je dirais que ce sont des réactions que je retrouve souvent au niveau du couple. Notre propre fonctionnement est pris comme le fonctionnement « normal ». Prenons l’exemple de quelqu’un qui n’a aucun problème avec l’alimentation. Avec sa représentation à lui, il suffit de manger quand on a faim, d’arrêter de manger quand on n’a plus faim et de se faire plaisir parfois. Il n’y a aucun problème avec ça. C’est très fluide, très simple, si bien que cette personne peur alors avoir du mal à se mettre à la place de quelqu’un pour qui ce ne serait pas aussi simple. C’est là qu’on se retrouve avec des discours tels que : « il suffit de… », « allez, bouge-toi un petit peu, ce n’est pas si compliqué que ça » qui peuvent être perçus comme extrêmement jugeant et agressifs. Ça a quelque chose de rabaissant en plus, cette idée que « c’est hyper simple ». On a vite fait de se dire : « Moi je n’y arrive pas, je dois vraiment être la dernière des nazes… « Il suffit de », et pourtant, moi je n’y arrive pas ». Là, c’est intéressant de venir confronter l’autre sur le fait que c’est son fonctionnement, que c’est sa manière de fonctionner, mais que ce n’est pas une normalité. J’imagine que tu connais ça mieux que moi, mais en matière de troubles de l’alimentation, on parle vraiment d’un spectre. Cela signifie que ça peut prendre de multiples formes. Par conséquent, c’est une aberration de dire que c’est si simple. S’il y a plein de gens pour lesquels ce n’est pas si simple, c’est bien qu’il faut sortir des jugements et des à priori. C’est important de rappeler à l’autre que ça, c’est SON fonctionnement. Peut-être qu’au niveau de l’alimentation, c’est hyper fluide pour lui… mais que pour d’autres choses, c’est hyper compliqué. C’est important de pouvoir se dire que : « Mon fonctionnement n’est pas moins bien que celui des autres, ni anormal. Je n’ai pas un problème dans ma manière de fonctionner. C’est juste que nous ne fonctionnons pas tous pareil. ». Porter un jugement sur le fonctionnement de l’autre, ça n’a pas de sens. C’est une perte de temps et ça peut être rabaissant et dévalorisant. On ne va pas très loin, en allant vers l’autre avec ce type d’attitude, à part amener l’autre à se renfermer ou à répondre avec de l’agression parce qu’il le vit comme tel. J’en vois, des couples qui se retrouvent dans des tensions, dans des conflits qui partent de ça, de ce « j’ai l’impression que tu m’agresses, donc j’agresse en contrepartie » et ça s’enflamme.
  • Ça me fait également penser à ces maladresses que peut avoir l’aidant, pas forcément parce qu’il ne comprend pas, même s’il peut y avoir de ça aussi, mais parce qu’il est tellement inquiet, qu’il voudrait à tout prix que l’autre aille bien plus vite…

L’écoute plutôt que d’éternelles explications

  • Bien sûr ! Et il y a de la sincérité là-dedans, en plus, puisqu’effectivement, de son point de vue, au travers de son prisme, c’est hyper simple. Pour lui c’est bel et bien d’une simplicité presque enfantine. Quand l’autre n’a pas de problème avec l’alimentation, alors ça lui semble invraisemblable et ça crée une forme d’impuissance, de « Je ne sais pas comment t’aider, quoi faire, comment réagir… parce que pour moi, ça coule de source. ». Parfois, des gens s’épuisent parce qu’ils ont l’impression de rabâcher tout le temps les mêmes choses. Par rapport à ça, je pense important de rappeler que ce n’est pas un problème de compréhension. Les gens qui ont un trouble du comportement alimentaire, ce ne sont pas des gens qui n’ont pas compris, clairement. Ils savent bien qu’il faut manger ou ne pas manger autant. Ça ne se situe pas là. Si l’autre, l’aidant, est dans une répétition de « je t’explique »… ça n’avance pas. La personne n’a pas besoin qu’on lui explique quoi que ce soit.
  • Et on se retrouve à être 2 à ne pas parler la même langue. Parfois, il faut un interprète, parfois on arrive à prendre un dictionnaire et à traduire…

La distinction entre émotionnel ou rationnel permet la compréhension

  • Effectivement, ce n’est pas la même langue et ça ne se situe pas au même niveau. C’est quelque chose que je demande beaucoup à mes clients : est-ce que vous êtes à un niveau rationnel, explicatif, ou est-ce que vous êtes à un niveau émotionnel ? TCA et vie de couple ne sont pas les seuls sujets concernés, ça se voit fréquemment aussi en cas de désaccord sur les questions autour des enfants, par exemple. Parfois, sur du « je ne me sens pas bien », l’autre en face va être rationnel : « tu n’as qu’à sortir ou appeler une copine ». Sauf que là, maintenant, on n’a pas besoin d’idées d’activité, on n’a pas besoin de rationnel et d’explications. Juste, émotionnellement, on ne se sent pas bien et à c’est à ce niveau-là qu’on a envie que l’autre descende, vienne nous consoler, nous apaiser, nous questionner, avec, par exemple, des : « Comment tu te sens, qu’est-ce qu’il se passe ? ». Parfois, c’est vraiment intéressant de faire le point : à quel niveau on discute ? Est-ce que nous rationnalisons, argumentons, cherchons des solutions ? Ou est-ce qu’on est sur du ressenti et du partage de ressenti ? Auquel cas, il n’y a pas la place pour des solutions pratico-pratiques car ce n’est pas là qu’est le besoin. Encore une fois : la clé, c’est la communication. Il faut pouvoir être au clair sur ses besoins, pour pouvoir dire, par exemple : « Là, je n’ai pas besoin que tu me sortes une liste de course de solutions, j’ai juste besoin d’un temps pendant lequel on fait de la place à mes émotions. ». Souvent, l’aidant est orienté « solutions », d’autant plus parce que nous sommes dans une société dans laquelle il faut réaliser des choses, mettre en place des actions pour obtenir des résultats, que ça change pour que ça aille mieux, etc. Parfois, ce n’est pas d’action, mais de résultats dont on a besoin, mais en descendant à un autre niveau, un niveau de prise en compte de ce qu’il se passe émotionnellement. Mais là, ce n’est pas orienté « solutions », du coup.
  • Je trouve ça très intéressant, ta description de ces 2 modes de communication qui peuvent ne pas être au même niveau. Du coup, on ne peut pas se rencontrer, puisqu’on ne parle pas de la même chose.
  • Voilà. Si on ne se le dit pas, ça crée des incompréhensions. Ça crée des « je ne me sens pas écoutée, je ne me sens pas comprise », etc. J’entends beaucoup ça : « L’autre ne me comprend pas, l’autre ne m’écoute pas ». Pendant que le partenaire en face me dit que « Je ne fais que ça, d’écouter ! Je propose plein de solutions, ce n’est jamais assez et on n’essaie même pas ce que je propose, ce n’est pas normal ! ». Là, effectivement, ils ne se rencontrent pas, ils ne parlent pas la même langue. Si ce n’est pas dessiné, verbalisé, perçu, ça crée des tensions, des incompréhensions, une sensation d’impuissance. Ça engendre des « à un moment je vais arrêter de proposer des solutions puisque ce n’est jamais écouté » et en face des « ce n’est pas la peine que je parle puisque je ne suis pas comprise ».
TCA et vie de couple

La place du corps entre TCA et vie de couple

  • Et oui… Avant que nous ne terminions cet article « TCA et vie de couple », il y avait un dernier point que nous voulions aborder toutes les 2. Il s’agit de la place du corps dans le couple, ainsi que de celle de l’image corporelle, qui peut être très abîmée lorsqu’on souffre de TCA. Qu’est-ce que tu aurais envie de partager avec nous, là-dessus ?
  • Ce que j’aime rappeler, c’est qu’un couple, c’est une histoire de connexion. C’est 2 individus qui connectent. Il y a de multiples manières de connecter… et, il y a quand même une bonne partie des couples qui fonctionnent avec le corps pour se connecter. On pense spontanément à la sexualité et bien évidemment que c’est une manière de connecter avec son corps… mais ce n’est pas la seule. Il existe aussi tout ce qu’il y a autour de la tendresse, des démonstrations d’affection, autour du toucher, au sens large. Tout ça peut être impacté quand le rapport à son propre corps est compliqué, quand l’image qu’on a de soi-même et de son corps est déformée, abîmée. Comment est-ce qu’on peut être réceptif à de la tendresse, à des caresses quand notre corps nous dégoûte, quand… je ne sais pas exactement ce qu’on peut penser, mais qu’on ne se trouve pas aimable, pas désirable ? Comment être réceptive au toucher quand on déteste son corps, qu’on veut le transformer, qu’on espère qu’il soit autrement ? Ainsi, les couples qui rencontrent ces problèmes peuvent avoir des difficultés à se connecter, parce qu’il y a quelque chose de l’ordre d’une distance, d’un fossé. Heureusement, il y a plein d’autres manières de connecter. Lorsque la question du corps est compliquée, j’essaie d’accompagner les partenaires vers d’autres possibilités de connexion, pour que le couple créé, à 2, leur manière à eux de vivre leur lien amoureux, car c’est important. Ceci étant, à un moment ou à un autre, ce sera intéressant de venir travailler sur cette connexion avec le corps. Encore une fois, je suis quelqu’un de souple et l’idée c’est, là aussi, de se demander : « Où est-ce que j’en suis maintenant ? Qu’est-ce qui est OK et pas OK ? », et de communiquer sur ce qui n’est pas OK. De nouveau, hélas, on tombe facilement dans des « je dois, il faut ». On a l’idée que nous sommes « obligés » d’avoir une sexualité, que nous sommes « obligés », en tant que couple, de se tenir la main, de se toucher. « Je ne peux pas lui refuser ça, sinon il ne comprendra pas, il va me quitter s’il n’y a pas de sexualité entre nous », etc. Je pense qu’il est bon de sortir de cette pression et de se demander : « Qu’est-ce qu’on veut créer ensemble ? », autour de ce qui est possible. Il est important de savoir ce qui est OK ou pas OK pour soi, dans une écoute juste de soi-même et non pas basée sur des contraintes et sur des « il faut ». Qu’est-ce qui est possible pour moi et qu’est-ce qu’on peut créer ensemble ? Voilà les bonnes questions. C’est vraiment mon discours : il faut sortir des « y a qu’à, faut qu’on » et des « un couple normal c’est comme-ci, on devrait être comme ça »… Non : qu’est-ce qu’on crée ensemble ? Éloignons-nous des diktats et des injonctions sociales et construisons nos histoires en se demandant ce que nous avons envie de créer, à 2, avec ce que nous sommes maintenant, avec nos envies et nos possibilités de maintenant. Peut-être que la sexualité, par exemple, c’est compliqué, ou que certaines choses dans la sexualité sont compliquées. Peut-être que la tendresse, peut-être qu’une autre première étape, serait préférable. Créons ensemble, avec ce qui OK, réfléchissons à nos besoins et à nos limites, ne négligeons pas la communication de tout ça, pour avancer, doucement, tranquillement, à son rythme, à notre rythme. Et après, c’est chouette !
  • Je suis notamment en accord avec le fait que chacun peut avoir un rythme différent. Ça peut, par exemple, se traduire par le fait que l’un a l’impression d’attendre l’autre, dans un processus de guérison par exemple. Tu parlais d’essoufflement, tout à l’heure. C’est vrai que, même quand on s’accorde sur ce qu’on veut pour le moment présent, en gardant en tête que ça peut changer… on peut sentir la pression de l’autre, qui peut trouver que c’est trop long, ou le contraire.
  • Oui, et puis il y a aussi un principe de réalité qui est que, certaines fois, il n’y a pas d’accordance possible entre les besoins. Dans le cas de la sexualité, il peut y avoir un partenaire qui a vraiment des besoins de sexualité, et en face une impossibilité totale. Dans ce cas, la question c’est : « Combien de temps je peux mettre de côté mon besoin de sexualité, pour écouter ton non-besoin ? ». Quand écouter les besoins de l’autre signifie freiner, amoindrir, s’asseoir sur les siens : effectivement, c’est compliqué. Ça demande d’être accompagné, d’être réfléchi à 2, d’avoir ses conversations-là sérieusement. Ce ne sont pas des conversations toujours très simples ou agréables, mais elles sont nécessaires. C’est le principe du couple, en fait. Quand ça fonctionne bien et que nous avons les mêmes besoins en même temps, tout le monde est content ! Mais j’aime aussi rassurer les gens sur le fait que la divergence des envies, ça concerne tous les couples ! Je m’éloigne des TCA, mais n’oubliez pas que vous êtes 2 êtres humains différents, que vous n’avez pas les mêmes besoins, vous n’avez pas la même éducation, vous n’avez pas le même fonctionnement, etc. C’est donc normal que, par moments, vous ne recherchiez pas la même chose en même temps. C’est logique et automatique : vous n’aurez jamais les mêmes besoins et les mêmes envies en permanence. Alors, comment est-ce qu’on fait couple ? Comment est-ce qu’on reste connectés ? Comment est-ce qu’on reste en lien quand on n’a pas les mêmes besoins au même moment ? C’est là qu’on crée son couple, en fait. C’est là qu’est le couple.

Une relation amoureuse est une création unique

  • Peut-être qu’après tu auras autre chose à rajouter avant qu’on ne se quitte, mais je trouve ça extrêmement puissant ce que tu dis autour de ce défi de sortir des « il faut », des « en couple il faut être tout le temps accordé, il faut, il faut… ». C’est ce que tu nous as dit depuis le début.
  • Ça fait partie de l’image de la société, de ces idées que « l’amour est plus fort que tout », « il suffit de s’aimer et ça ira », etc. Mais dans la vraie vie, l’amour ne fait pas tout. Nous ressentons de l’amour, mais nous avons aussi des besoins, nous avons aussi des limites. Quand bien même on ressent de l’amour pour l’autre, il y a des choses qui sont OK et d’autres qui ne le sont pas, et on peut avoir des besoins qui sont différents de ceux de l’autre. Mais, effectivement, certains couples ont vite fait de penser que « C’est qu’il y a un problème, c’est qu’on ne s’aime pas assez, c’est qu’on ne s’aime pas comme il faut, qu’on ne sait pas bien faire, que ce n’est peut-être pas le bon, etc. ». Ça va venir remettre en question leurs sentiments, leur couple, alors qu’il n’y a pas lieu. Ils ont des besoins différents, et bien oui, c’est normal. Vous êtes 2 êtres humains donc c’est normal que vous n’ayez pas les mêmes besoins.
  • Ce que je vais dire nous concerne peut-être surtout nous, les femmes, qui, en tant que petites-filles, avons été bercées par les « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »… Je ne sais pas si les petits-garçons aussi sont bercées à ça, mais j’ai envie de dire stop !
  • Mais oui, parce que quand ça vient se buter contre la réalité, on se dit tout de suite qu’on a un problème et on se remet en question. Je pense que, bien évidemment, un couple peut être heureux et épanoui sur la durée. Mais, c’est normal qu’à certains moments, il y ait des réajustements, parce que les besoins évoluent, que le fonctionnement de l’un ou l’autre a changé et que c’est normal. Ce n’est pas un problème ni un dysfonctionnement. Comment est-ce qu’on fait couple, quand on n’a pas les mêmes besoins ? Ça, ça n’appartient qu’au couple. La création finale, ce que chacun met en place, est unique. Ça dépend de chaque partenaire, de leur histoire de vie, des possibilités de chacun. C’est unique. Malheureusement, trop de couples sont là à regarder ailleurs ce qui se fait, à venir s’auto-juger sur des pseudo-normalités et c’est cela qui fait du mal.
  • Oui, et pour conclure, j’ai envie de dire que, TCA ou pas : s’accorder, c’est le défi du couple. S’accorder, se désaccorder parfois, chercher comment avancer ensemble avec ce qui se présente sur notre chemin de vie, en tant que personne et en tant que couple.
  • Bien sûr. Les TCA, c’est une des épreuves qui peuvent se présenter sur un chemin de vie. Au final, mon conseil c’est de se demander, ensemble : « Qu’est-ce qu’on en fait ? Comment est-ce que nous, nous 2, nous voulons composer avec ? ». Cette création-là n’appartiendra qu’au couple, parce qu’un TCA ne ressemble pas à un autre TCA. Même quand il s’agit de la même appellation, il n’y en a pas 2 pareils. Il s’agit donc de 2 personnes uniques et d’un TCA unique et la solution pour harmoniser TCA et vie de couple est donc unique aussi. C’est là que c’est beau, je trouve ! C’est là que le couple commence en fait, l’unicité du couple, ce qu’est un couple, la beauté de la relation et de ce que l’on créé, c’est là que ça commence !
  • Merci Lucie ! Je trouve ça très inspirant ce message que tu nous passes-là. Ça ne se finit pas à « ils vécurent heureux mais eurent beaucoup d’enfants », mais au contraire ça commence quand il y a ces plus ou moins grosses pierres qui se mettent sur le chemin et au moment où on se demande comment on co-crée, dans le couple, avec ces pierres. Merci encore Lucie d’être venue sur mon podcast !

Je pense qu’il y aurait d’autres points mêlant TCA et vie de couple à développer ensemble. J’ai eu des idées… peut-être pour de prochains articles ! 😉 Vous qui nous lisez, si vous avez des questions ou souhaitez aborder d’autres aspects autour de cette thématique du couple : n’hésitez pas à solliciter Lucie et à me solliciter ! Ce sera avec plaisir que nous vous répondrons !

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