Accepter son corps | Et si la comparaison pouvait aussi être vertueuse ?

Découvrir
Indépendance
Cannelle :

Bienvenue dans ce nouvel article de mon podcast sur l’alimentation, « La pleine conscience du pouvoir ». Je vous propose de se demander comment accepter son corps, en abordant la comparaison sous un angle bénéfique. Est-ce que réellement « comparaison n’est pas raison ? ». La plupart du temps, lorsque nous évoquons la comparaison, c’est pour nous dire que nous devrions arrêter. Nous nous répétons qu’il faudrait trouver comment faire pour ne plus se comparer physiquement aux autres. En effet, nous n’y voyons qu’une source de souffrance. Elle nous entraîne dans une spirale d’émotions difficiles : tristesse, jalousie, envie, dégoût de soi… Cela vient du fait qu’elle nous amène à voir chez l’autre ce que nous n’avons pas et par la suite, à envier cette caractéristique ou cette possession de l’autre. C’est le chemin direct vers l’auto-dévalorisation et la dépréciation de l’estime de soi. Pourtant, de mon point de vue, la comparaison peut être aussi vertueuse que délétère pour notre amour-propre et notre image corporelle. À mon sens, elle peut même devenir une alliée. Je vous propose de voir ensemble comment nous pouvons accepter son corps en abordant autrement la comparaison, notamment physique.

La comparaison, physique ou non, est dans la nature humaine

L’été dernier, j’ai vu passer pas mal de contenus sur ce thème de la comparaison physique. Les vacances d’été peuvent être une période très challengeante pour celles et ceux qui souffrent de leur relation avec leur image corporelle. Comment ne pas se poser de questions face à tous ces corps qui se dévoilent plus, sur la plage, à la piscine, ou tout simplement dans la rue ? « Est-ce qu’elle est plus mince que moi, ou plus grosse ? Est-ce que ma peau a un meilleur aspect ? Est-ce que ses cuisses sont plus fortes que les miennes ? Est-ce que son ventre est plus plat que le mien ? » Dur dur d’essayer d’accepter son corps dans ces conditions… Cela dit, ce genre de discours intérieur se présente été comme hiver. 😉 N’est-ce pas ?

Il semble que se comparer aux autres soit un comportement humain que nous retrouvons depuis la nuit des temps ! Beaucoup s’accordent à dire que nous devrions cesser de le faire. Qui ne s’est pas vu conseiller d’arrêter de se comparer aux autres ? Mais cela semble parfois (souvent ?) impossible… C’est comme si nous en avions besoin.

Par ailleurs, nous vivons dans une société qui privilégie plutôt la compétition et qui encourage à devenir le ou la meilleur·e. Cela commence dès l’école, avec les notes et l’envie d’avoir la meilleure. Même si Françoise Dolto, en son temps, prévenait déjà les parents de la toxicité de comparer les enfants entre eux, cela se produit de toute façon. Toutes les sphères dans lesquelles nous évoluons sont concernées, de l’enfance à l’âge adulte en passant, bien sûr, par l’adolescence. Ainsi, il faudrait d’un côté la subir et d’un autre s’en servir… Que d’injonctions paradoxales !

Identité et image corporelle se construisent grâce à la comparaison

Ce que nous oublions, c’est que nos personnalités se construisent en utilisant la comparaison. L’enfant, et surtout l’adolescent, cherche des modèles. Il se pose des questions sur ce qu’il a envie de reproduire, ou pas. Il se demande, par exemple, quels styles de personnalités lui parlent, parmi les modèles provenant de ses pairs, de sa famille ou parmi les célébrités. Il commence par se conformer avant, petit à petit, de se détacher des modèles pour prendre son envol et devenir une personne qui se différencie des autres. L’image corporelle n’échappe pas à la règle ! C’est pour cela que, pour accepter son corps, le premier réflexe de beaucoup est de tenter de le faire se conformer à la norme.

Avoir des modèles est rassurant ! C’est aussi comme cela que nous apprenons. Même adulte, nous observons les autres faire. C’est par exemple le cas lorsque nous souhaitons acquérir une nouvelle compétence. Nous comparons alors nos gestes et notre façon de faire à ceux de l’autre, afin de s’ajuster et de progresser petit à petit. La transmission se fait ainsi, elle aussi, par le biais de la comparaison (entre autres).

Et si la comparaison pouvait aussi permettre d'accepter son corps ?

L’utilisation de la comparaison dans notre société est perfectible

Alors, à quel moment est-ce que cela dérape ? À quel moment ce qui peut nous aider devient gênant ? Ce glissement vers quelque chose de néfaste a lieu lorsque la comparaison génère en nous des sentiments désagréables. Cela survient lorsque nous commençons à nous dire : « il/elle est/fait mieux que moi ». Le dérapage a lieu lorsque nous sortons (sans s’en rendre compte, bien sûr) de l’intention d’être inspiré par une personne pour en venir à nous sentir inférieur à elle. Nous faisons alors naître en nous de la jalousie, de la colère, de la tristesse, ou d’autres émotions difficiles.

Il me semble que le biais éducatif qui consiste à utiliser la comparaison pour critiquer n’est pas étranger à cela. Avant d’aller plus loin, attention : loin de moi l’idée de tout mettre sur le dos des parents ! Ce biais éducatif est utilisé par tout l’environnement de l’enfant (et même de l’adulte, d’ailleurs), et en particulier à l’école. Petit à petit, nous intégrons que comparer s’utilise de cette façon. Sans nous en rendre compte, nous assimilons le fait que la comparaison a pour but de nous faire nous sentir mal, ou, à l’inverse, de nous faire nous sentir bien en dévalorisant l’autre. « Toi, tu fais mieux que lui. Oh toi, tu es plus jolie qu’elle ! Ah toi au moins, tu sais faire ceci ou cela ». Vous voyez de quoi je parle ? 😉


Nous vous conseillons aussi :


Comparer nos corps devrait n’être qu’une observation neutre

Prenons le temps de chercher la définition du terme « comparaison ». Le Robert nous indique : « Fait d’envisager un ensemble (deux ou plusieurs objets de pensée) pour en chercher les différences ou les ressemblances. ».

Lorsque je lis cette définition, il me semble que comparer, à la base, est quelque chose de très factuel et neutre. Dans la définition, il est question d’objets de pensée. Cependant, il peut tout aussi bien s’agir de regarder plusieurs corps et de faire des constats d’observation. « Ce corps est blanc, ce corps est noir. Celui-ci est gros, celui-ci est mince. Tous ont 2 jambes et 2 bras et celui-ci à de la poitrine alors que cet autre n’en a pas. » Cette comparaison factuelle nous permet d’observer qu’il existe une grande diversité dans l’apparence des corps. À partir de là, accepter son corps ne devrait théoriquement pas être une difficulté… Alors pourquoi cela génère-t-il des pensées difficiles ? Qu’est-ce qui, dans nos sociétés, fait que nous passons de conclusions factuelles à la suite d’une observation, à des émotions désagréables de dévalorisation ?

Le corps mince comme modèle unique empêche d’accepter son corps

Selon moi, la comparaison devient délétère lorsque commence à intervenir un modèle unique. La comparaison avec ce modèle vient alors pointer le fait que nous ne sommes pas conformes à ce qui est attendu de nous. Si nous essayons de revenir au sujet qui nous intéresse, à savoir accepter son corps et l’aimer, je suppose que vous voyez où je veux en venir ? 😉

Il semblerait qu’il existe, en France et à notre époque, un modèle unique de corps auquel nous devrions nous conformer. J’ai nommé : le corps mince. Nous passons donc notre temps (voire notre vie…) à vérifier, en utilisant la comparaison, que notre corps est bien conforme à ce qui est attendu. Comme, pour la plupart d’entre nous, ce modèle est un corps éloigné, voire très éloigné, de ce que la nature a prévu pour nous, cela génère beaucoup de souffrance, de dénigrement, de culpabilité… J’en passe et des meilleures. Nous nous retrouvons pris au piège de ce modèle unique, nous évertuant à trouver comment y ressembler, parfois coûte que coûte.

Accepter son corps | Et si la comparaison pouvait aussi être vertueuse ?

Accepter son corps est possible en se comparant autrement

La solution passe, vous vous en doutez, par la déconstruction de ce modèle unique.

Cette déconstruction nécessite un travail personnel, à réaliser par chacun et chacune d’entre nous. Ce travail doit remettre sciemment en cause ce modèle unique du corps mince. Pour commencer, peut-être devrions-nous simplement nous poser des questions. « D’où vient cette croyance en moi que le seul corps valable est le corps mince ? Est-ce que je suis d’accord avec ça ? N’ai-je jamais trouvé beau un corps qui sortait de ce modèle unique ? Si oui, pourquoi ne puis-je pas me le dire pour moi-même ? »

Une des expériences que je vous propose de réaliser dans le programme « Mon corps, ce héros », c’est d’observer avec un nouveau regard les corps autour de vous. Si, avec cet exercice, votre regard sur la beauté change, alors la prochaine étape pourrait être de regarder le vôtre autrement. N’est-ce pas ? Bien sûr, ce travail sur le modèle unique du corps mince pourrait s’envisager de façon plus globale, à une échelle sociétale. Mais, là où nous avons le plus de pouvoir et pouvons agir dès aujourd’hui, c’est sur notre vision personnelle. Se poser ces questions et commencer à déconstruire ce schéma sont des actions à notre portée, pour accepter son corps et faire un pas vers la fin de la glorification du seul corps mince.

Astuces pour ceux qui désirent rejeter le modèle unique du corps mince

À présent, j’ai envie de vous poser d’autres questions. À quoi vous a mené la comparaison jusqu’à aujourd’hui pour ce qui concerne votre apparence physique ? Était-ce quelque chose d’agréable ? Ou bien était-ce plutôt désagréable ? Comment souhaiteriez-vous utiliser la comparaison à partir de maintenant ? Comment pourrait-elle devenir vertueuse pour vous ?

Ce n’est pas tout, voici d’autres réflexions à mener ! Pensez-vous vraiment que se focaliser sur l’apparence physique soit une bonne chose, pour vous et pour les autres de manière générale ? Avons-nous envie de continuer à contribuer à cela ? Quel serait le premier pas que nous pourrions faire pour sortir de cette ornière ?

Il y a quelques semaines, l’une des participantes de mon accompagnement Indépendance Cannelle partageait avec nous l’engagement qu’elle a pris. Il s’agissait de ne plus induire ni alimenter une conversation qui porterait sur l’apparence physique. Elle avait remarqué que cela revenait souvent dans les discussions entre amis. Peut-être l’avez-vous remarqué, vous aussi ? L’étape suivante était d’observer, à l’intérieur d’elle-même, les mouvements de pensées portant sur la comparaison et sur l’apparence physique. Dans Indépendance Cannelle, nous travaillons beaucoup sur le développement de cette observation de vos événements intérieurs. Cette capacité se développe au fil des mois grâce, entre autres, à la pratique de la pleine conscience. Cette cliente a observé que des pensées de comparaison et de dénigrement de son apparence physique ou de celle des autres revenaient souvent. Elle a alors pris ce second engagement : mettre ces pensées de côté, lorsque c’est possible et lorsqu’elle les observe.

Ces engagements l’amènent vers 2 changements. D’une part, c’est un travail qui lui permettra d’arrêter de générer en elle des émotions difficiles concernant son corps. D’autre part, elle participe à une déconstruction plus générale de ce phénomène de blablater autour du sujet de l’apparence corporelle. Elle travaille ainsi sur son blabla intérieur… mais aussi sur son blabla extérieur, si je puis dire les choses ainsi ! 😉

*

Et vous ? Où en êtes-vous avec la comparaison physique et la possibilité d’accepter son corps ? Quel premier pas avez-vous envie de réaliser aujourd’hui pour la fin de la comparaison néfaste ? Comment voudriez-vous l’utiliser d’une manière plus vertueuse pour vous et pour les autres ? Si vous désirez aller plus loin que ces questionnements et passer à l’action, je vous conseille de jeter un œil à mon programme de 5 jours, « Mon corps, ce héros ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

💬 Besoin d'infos supplémentaires ?