Impossible de perdre du poids… Et si c’était normal ?

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Indépendance
Cannelle :

Dans ce nouvel article de mon podcast sur l’alimentation, « La pleine conscience du pouvoir », nous allons aborder le sujet du poids. À l’approche des fêtes de fin d’année, c’est un motif de gêne ou de mal-être pour de nombreuses personnes, en surpoids ou non. Au-delà du mois de décembre, certains restent pendant des années avec le sentiment qu’il leur est impossible de perdre du poids, et cela peut être très compliqué à vivre. J’ai moi-même pas mal retardé le moment d’aborder cette thématique parce qu’elle était encore sensible pour moi. J’avais besoin d’y travailler, à la fois personnellement, dans la façon dont je l’aborde pour moi-même, mais aussi théoriquement. La thérapie d’alimentation intuitive nous propose, en rejetant la culture des régimes, de renoncer à l’idée que nous pouvons avoir un contrôle sur notre poids. Ce n’est pas un deuil évident à faire ! Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas « normal » d’avoir envie de perdre du poids. Nous traiterons cela dans l’article. Nous verrons aussi quels sont les régulateurs du poids, l’historique de l’IMC (indice de masse corporelle), pourquoi nous cherchons intentionnellement à maîtriser notre poids, pourquoi cela ne fonctionne pas… et, du coup, quoi faire !

Quel est l’impact des fêtes de fin d’année sur votre rapport à votre alimentation et à votre corps ?

Les fêtes de fin d’année et la dietculture

Nous sommes au mois de décembre 2021, qui marquent à la fois la fin de l’année, en l’occurrence la première année de mon podcast et de mon blog 😊, ainsi que la période des fêtes de Noël et du Nouvel An. Je ne vais, bien évidemment, pas vous parler des copieux repas de cette période… du moins pas de la façon dont vous en entendez habituellement parler. Je ne vous proposerai pas d’astuce pour ne pas prendre de poids ni pour en perdre après. Je ne vous conseillerai pas de faire une détox, de ne pas « déraper » ni de ne pas abuser du chocolat. Non, ici vous ne trouverez pas tous ces classiques de la culture des régimes ! Par ailleurs, je peux d’ores et déjà vous annoncer qu’en début d’année 2022, je ne vous suggérerai pas non plus d’adopter de bonnes résolutions du mois de janvier, ou du moins pas sur le même ton que ce dont vous avez l’habitude ! 😉 Si vous vous demandez pourquoi il vous est impossible de perdre du poids, je vous apporterai une réponse bienveillante, non-culpabilisante et basée sur autre chose que votre alimentation ou votre pratique sportive !

D’ailleurs, autour de ces dictats de la dietculture à l’approche des fêtes de fin d’année, je vous suggère d’écouter le podcast du collectif « Gras politique ». Le premier épisode explique comment vivre la période de la fin d’année pour les personnes en surpoids ou obèse, ou plus généralement qui peuvent se sentir victimes de réflexions et remarques de la part de l’entourage.

Un autre rapport au poids grâce à l’alimentation intuitive

Venons-en à notre sujet du jour ! J’ai démarré, il y a quelques mois, en cette année 2021, la formation « Pratique inclusive », dans le but de mieux vous accompagner dans une démarche inclusive à l’égard du poids. Grâce aux intervenantes de la formation, j’ai pu en apprendre plus et continuer à déconstruire mes croyances sur le sujet. Cette formation était également nécessaire pour pouvoir transmettre ces connaissances aux participantes de mon accompagnement Indépendance Cannelle. J’ai mis en ligne l’étape sur ce thème à la fin du mois de novembre ! Si vous souhaitez nous rejoindre et découvrir comment se réconcilier avec la nourriture de façon durable et agréable : n’hésitez pas à m’envoyer un message privé sur Instagram ou un mail via le formulaire de contact de mon site internet. Contre des pensées telles que « impossible de perdre du poids, au secours » ou « je resterais grosse toute ma vie », je vous propose de tester autre chose qu’un énième régime, plus drastique que le précédent. 😉

Avant de rentrer dans le détail des composantes du poids, j’aimerais faire une petite « mise en garde » : je ne suis pas médecin, nutritionniste, diététicienne ni spécialiste de la physiologie du poids. Les informations que je vous transmets sont celles qui m’ont percuté en tant que personne et en tant que professionnelle de la psychothérapie. Il m’a semblé vraiment important d’avoir conscience de ces éléments pour avancer dans la relation que vous avez votre poids, avec votre alimentation et avec votre corps. S’il y a quelques inexactitudes médicales : je m’en excuse à l’avance ! J’ai pris ces informations telles que je les ai comprises, donc je tenais à faire cette parenthèse avant de plonger dans le vif du sujet. 😉

Savez-vous que les déterminants du poids sont bien plus nombreux que le sport et l’alimentation ?

Pour commencer, voyons quels sont les déterminants du poids. Cette information m’a bien surprise lorsque j’en ai eu connaissance. D’ailleurs, je ne m’étais jamais posé cette question de ce qui détermine le poids. J’étais persuadée, comme beaucoup d’entre nous je crois, que je pouvais décider, ou presque, du poids que je voulais peser et le maintenir. Avec le recul et avec les informations que j’ai aujourd’hui, je peux vous dire que c’était complètement irréaliste. Mais, sans nous en rendre compte, il nous arrive de croire n’importe quoi. L’industrie des régimes a grand intérêt à nous persuader que nous pouvons influer sur notre poids et le maintenir quel qu’il soit, à condition d’avoir assez de volonté. Ainsi, je pensais que si je n’y parvenais pas, c’était entièrement de mon fait. Je considérais que je n’avais pas suffisamment de volonté pour continuer le régime ou maintenir l’alimentation nécessaire à sa stabilisation. Or, la première information capitale à connaître sur les déterminants du poids, c’est qu’ils sont bien plus nombreux que les fameux « manger-bouger », soi-disant liés à notre seule volonté.

Ces facteurs, les voici :

  • l’hérédité ;

Je pense que vous comme moi avons pu remarquer que l’un de nos parents, ou les 2, a pu nous transmettre ce que nous pourrions appeler une « constitution ». Personnellement, j’ai plutôt hérité de la constitution de mon père, qui était un homme carré et robuste, même s’il était petit. Ainsi, je suis moi-même plutôt carrée. De ce fait, vouloir à tout prix avoir une constitution fine allait forcément à contre-courant de ma composition héritée de mon père. J’ai transmis cela à l’un de mes 2 enfants, l’autre ayant plutôt pris la constitution de mon mari, plus fin, lui-même ayant hérité cela de sa mère. Cette hérédité se voit souvent comme le nez au milieu de la figure, mais nous avons vite fait de l’oublier !

  • la génétique ;
  • l’épigénétique ;

Il s’agit de la science, relativement récente, qui étudie certains changements dans l’activité des gènes. Ces changements n’impliquent cependant pas de modification de la séquence d’ADN et peuvent être transmis lors des divisions cellulaires. Contrairement aux mutations qui affectent la séquence d’ADN, les modifications épigénétiques sont réversibles.

  • l’environnement ;

Il peut s’agir de l’environnement :

  • physique (là où nous logeons) ;
  • alimentaire (l’endroit du monde où nous habitons ne nous donne pas accès aux mêmes types d’aliments) ;
  • social (c’est bien de nous dire de consommer 5 fruits et légumes par jour, mais toutes les bourses n’ont pas forcément accès à cela, ni, par exemple, à des protéines quotidiennes, animales ou végétales) ;
  • familial, etc.
  • l’alimentation, évidemment, nous n’allons pas revenir là-dessus 😉 ;
  • la maladie ;

Certaines maladies peuvent moduler le poids et ce n’est alors pas votre faute si votre poids va vers le haut ou le bas.

  • les perturbateurs endocriniens ;
  • les événements in-utéro ;

C’est-à-dire qui se sont produits pendant la grossesse de votre mère – même s’il n’est absolument pas question ici de culpabiliser les futures mamans. 😉 Elles ont suffisamment de facteurs pour cela !

  • les grossesses, pour celles qui en ont vécues ;

C’est normal, de prendre du poids en étant enceinte. Ce serait même très embêtant de ne pas en prendre, même si la Nature est bien faite : ce sera toujours le bébé qui sera servi en premier. Si une mère est en sous-alimentation pendant sa grossesse, c’est plutôt son corps à elle qui va être pénalisé, plutôt que le fœtus. Lui ira puiser dans les tréfonds des réserves de la mère pour grandir et se développer normalement. La mère elle, en revanche, risque de ne pas aller bien du tout si elle est malnutrie.

  • l’âge ;

Nous ne pouvons pas peser le même poids et arborer la même silhouette à 50 ans et à 20 ans ! Cela me rappelle ce dont témoignait Linda, qui avait expliqué avoir fait le deuil, à 40 ans, du fait de ne plus avoir le corps de sa vingtaine. Nous prenons généralement du poids au fur et à mesure de l’avancée dans la vie. Là encore, la Nature est bien faite… Vous avez peut-être remarqué que les personnes très âgées ont tendance à devenir maigres. Une fonte musculaire, au grand âge, fait que ce n’est pas forcément une mauvaise idée de prendre un peu de poids lors de la ménopause. Cela peut constituer une petite réserve pour un âge plus avancé !

  • le sommeil ;

La qualité du sommeil influe sur beaucoup de facteurs en lien avec la santé, dont le poids.

  • le stress ;
  • le microbiote ;  
  • les médicaments et traitements ;

Certains peuvent faire prendre du poids, comme par exemple certains médicaments traitant les maladies psychiatriques. Je peux, dans ma profession, rencontrer des personnes redoutant de prendre certains traitements par peur de prendre du poids. Je trouve ça fou, d’être à ce point pris au piège de la culture des régimes et surtout de la grossophobie sociétale. Elles pointent du doigt les personnes qui prennent du poids et peuvent, ainsi, faire renoncer à prendre un traitement à cause de ce seul motif ! Ça, c’est vraiment quelque chose qui me met en colère. Je trouve cela très triste.

  • les régimes ;
  • l’exercice physique.

En prenant en compte tous ces déterminants du poids, nous constatons que nous sommes très loin des seuls « manger bouger », qui nous sont présentés comme seuls leviers. Parmi tous ces déterminants, il en est sur lesquels nous pouvons agir : l’activité physique, l’alimentation, ainsi que le sommeil, le stress ou le microbiote – et encore, dans une certaine mesure seulement. Nous avons une petite marge de manœuvre sur certains éléments de notre environnement. Mais pour tout le reste : nous ne pouvons pas influer ! Ainsi, dire que notre poids dépend de notre seule volonté, c’est en grande partie faux. Culpabiliser en pensant qu’il vous est impossible de perdre du poids parce que vous n’êtes soi-disant pas capable de tenir un régime n’a pas de sens. Voilà le message que j’avais envie de vous transmettre avec cette liste des déterminants.

De plus, le poids peut naturellement fluctuer selon les périodes de la vie. C’est le cas avec la grossesse, par exemple, ou encore l’âge. Pour les femmes, le cycle aussi peut avoir un impact. La ménopause s’accompagne souvent d’une prise de poids. Tout cela est normal.

impossible de perdre du poids

« Impossible de perdre du poids »… Pourquoi ne pas changer de regard sur notre volonté de contrôler notre poids ?

Petit historique de l’IMC

J’avais envie de partager avec vous un petit historique de l’IMC, le fameux indice de masse corporelle, qui reste un indicateur très utilisé concernant notre poids. Je tiens ces informations de la formation « pratique inclusive ». Les origines de l’IMC remontent aux années 1830, avec l’indice de Quetelet. Ce dernier permettait d’observer le poids par rapport à la taille chez des soldats français et irlandais. Un poids « idéal » avait été déterminé à partir de leur poids moyen. Dans les années 40, les « metropolitan life tables » ont été créées. Louis Dublin cherchait à prédire la longévité, principalement chez des hommes américains, en fonction du rapport poids/taille. Il avait précisé que ce n’était pas applicable individuellement, mais elles ont largement été utilisées aux États-Unis, jusque dans les années 90. Ce modèle a été remis en cause dans un article, paru en 1972, qui popularisait l’utilisation de l’IMC, tout en notant qu’il est un mauvais indicateur du taux d’adiposité. Effectivement, l’IMC ne parle pas de la masse musculaire. Il ne différencie pas le poids lié aux muscles et celui lié à la graisse. En la matière, j’aime prendre l’exemple des joueurs de rugby ou des pratiquants de musculation. Ces personnes peuvent avoir un IMC très élevé, mais uniquement parce qu’elles ont beaucoup de muscle, ce qui n’est pas un problème en soi. En 1995, furent adoptées 4 catégories d’IMC : sous-poids, poids normal, surpoids, obésité. En 1997, le surpoids est devenu « pré-obésité ». Imaginez-vous l’impact anxiogène de ce changement ? ☹ En en 1998, l’IMC normal est passé de 27,3 pour les femmes et 27,8 pour les hommes à 25. Cela a conduit des millions de personnes à passer d’un poids normal à un surpoids, malgré l’absence de données probantes.

Rien qu’en raison de ces données-là, je me demande pourquoi nous nous préoccupons encore tant de l’IMC ? Pourtant, qui n’a jamais été cherché des calculateurs sur Internet ? Apparaissent alors des pensées telles que : « Olala je suis en surpoids ! Combien faudrait-il que je pèse pour en sortir ? ». Tout cela sans tenir compte des facteurs tels que l’hérédité, ni la masse musculaire, entre autres. Parfois, ces calculateurs ne prennent en compte ni le sexe ni l’âge… Bref, je m’arrête là avec l’IMC, je pense que vous avez compris mon avis. 😉

La grossophobie de notre société

Alors, pourquoi voulons-nous influencer intentionnellement ce poids, quitte à aller contre notre « nature » ? Vous les connaissez peut-être, ces fameux 2 ou 3 kilos avec lesquels tout commence souvent. Beaucoup de femmes ayant témoigné dans mon podcast en ont parlé… De fil en aiguille, à cause du danger des régimes, certaines en arrivent à avoir le sentiment qu’il est impossible de perdre du poids pour elle, que ces kilos « en trop », si disgracieux à leurs yeux, sont une fatalité. Pourquoi un tel acharnement contre le poids ? Pourtant, nous ne cherchons pas à modifier notre pointure ou notre taille ? Pour ce qui est de la taille, c’est vrai que nous pouvons porter des talons, si nous souhaitons être plus grandes. C’est vrai aussi qu’il peut exister des stigmatisations autour de la taille des gens, ou de la grandeur des pieds… Mais cherchons-nous à changer la couleur de nos yeux, par exemple ? Même si nous pouvons la changer avec des lentilles, faisons-nous « tout un plat » autour de la couleur de nos yeux, attribuée à la naissance ? Pourquoi sommes-nous si nombreux à chercher à maîtriser totalement notre poids ? La réponse à cette question, à mes yeux, réside dans les injonctions de la culture des régimes et dans la grossophobie, dont je vous parle dans cet article. Il vous aidera à mieux comprendre ce phénomène ! La minceur, dans notre société, est considérée comme une vertu. Savoir diminuer son poids et le maintenir est vu comme une réussite. Le « moi idéal » est souvent mince. Laquelle d’entre nous ne s’est pas dit : « quand je serais mince, je pourrais… faire le job de mes rêves, rencontrer l’amour, ou avoir plus d’amis » ? Et c’est normal, de vouloir perdre du poids dans une société grossophobe, et, par conséquent, de vouloir lutter contre la nature même de notre corps et de ses fluctuations de poids. Rien n’est adapté pour les personnes grosses. Rien ne leur permet de s’identifier comme « acceptables », comme « normales ». Ainsi, bien évidemment que si je suis grosse, je vais vouloir rentrer dans la norme. Je vais vouloir perdre du poids pour que toute cette stigmatisation s’arrête.

Pourquoi ça ne fonctionne pas ? Tout simplement parce que lutter contre les déterminants cités plus hauts est impossible. Lutter contre les modifications normales du corps est impossible. Les régimes ne fonctionnent pas : j’en ai beaucoup parlé dans cet article.

Un rapport au corps sain et fonctionnel

N’y aurait-il pas là un deuil à faire ? Comment voir son corps autrement que comme imparfait vis-à-vis de certains critères dictés par la société ? Dans l’accompagnement Indépendance Cannelle, je propose un exercice pour avancer dans cette direction et prendre la décision d’abandonner définitivement l’idée de faire un dernier régime. Vous pourriez commencer par lister tout ce que les régimes ont eu comme incidences sur votre vie d’aujourd’hui ? Puis, déterminez quelles seraient, selon vous, les raisons de les laisser tomber définitivement ? N’hésitez pas à partager cela en commentaire ou avec moi directement, sur mon compte Instagram !

Ainsi, ne faudrait-il pas renoncer au corps idéal ? Cependant, faire ce deuil, et donc accepter notre corps tel qu’il est, ce n’est vraiment pas facile. Je pense que la neutralité corporelle est un concept plus accessible. J’y reviendrai sans doute là-dessus dans un prochain article. 😉 Pour avancer sur ce chemin, pourriez-vous commencer à envisager votre corps comme fonctionnel ? Essayez de lister tout ce qu’il vous permet de faire aujourd’hui, quel que soit son poids. Tentez de commencer à envisager de réaliser certaines choses que vous reportez perpétuellement pour ce moment magique où vous aurez enfin perdu du poids ? Souvenez-vous de ce que j’avais partagé dans mon article sur le bonheur. Comment voyez-vous votre poids aujourd’hui ? Est-ce un indicateur important ? Si oui, vis-à-vis de quoi, de qui ? Est-ce réellement important pour vous, ou bien est-ce à cause du regard des autres ? Vous poser toutes ces questions et prendre le temps d’y répondre honnêtement peut vous permettre de faire les premiers pas vers une réconciliation avec votre corps.

Si vous aussi, vous êtes coincée avec cette idée qu’il vous est désormais impossible de perdre du poids et que vous cherchez de l’aide : je suis là ! N’hésitez pas à venir échanger avec moi sur mon compte Instagram ou sur mon site internet ! Je suis toujours heureuse de lire vos témoignages, vos retours et vos questions. Cela m’encourage dans mon travail ! Si vous souhaitez une aide approfondie, sur plusieurs mois, pour vous réconcilier avec la nourriture et/ou avec votre corps : mon accompagnement Indépendance Cannelle vous attend !

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