Du danger des régimes | Interdire ne fonctionne pas !

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Indépendance
Cannelle :

Dans ce nouvel article de « La pleine conscience du pouvoir », mon podcast sur l’alimentation, nous allons échanger autour du danger des régimes. Nous baignons dans la culture de la minceur à tout prix, si bien que, souvent, nous méconnaissons les conséquences des interdictions et restrictions qui pullulent dans les divers programmes existants pour perdre du poids. Je le répète souvent : les régimes sont dangereux ! Sous ce terme, vous pouvez inclure les rééquilibrages alimentaires, diètes et détox diverses et variées, produits qui font maigrir (Hum hum, avouez que vous y avez déjà cru ! Je peux, moi aussi, lever la main !), alimentation « healthy », évictions en tous genres (sauf si vous avez de réelles allergies), jeûnes (lorsqu’ils sont réalisés uniquement dans le but de perdre du poids), chrono-je-ne-sais-quoi, poudres magiques, thés détox… etc. Le printemps les voit fleurir ! Pourquoi, à votre avis, sont-ils dangereux ? Parce que tous, sans exception, vous font plonger, tout comme je l’ai vécu, dans la restriction cognitive… au mieux, et au pire dans les troubles du comportement alimentaire. Je vous explique pourquoi en détails !

Quelle est la différence entre restriction cognitive et troubles du comportement alimentaire ?

En vous écoutant me raconter vos parcours avec la nourriture au fil des épisodes de mon podcast sur l’alimentation, ou lorsque vous me contactez pour un accompagnement : j’ai l’impression que la frontière entre la restriction cognitive et les troubles du comportement alimentaire (TCA) est assez ténue. Je ne suis pas médecin et il ne m’appartient pas de poser un diagnostic de TCA. Cependant, il ne me semble pas “déconnant” de penser qu’il s’agit d’un spectre, avec des degrés plus ou moins intenses, tout comme on le constate avec l’autisme. D’ailleurs, peut-être avez-vous déjà entendu ce terme : on parle aujourd’hui de troubles du spectre autistique. De la même façon, il me semble cohérent d’aborder ces problèmes de relation avec la nourriture comme un spectre des troubles du comportement alimentaire. En sachant que les souffrances qui accompagnent ces difficultés n’ont pas à être hiérarchisées ! D’ailleurs, ce n’est pas parce que vous n’avez pas reçu un diagnostic de TCA que vous ne souffrez pas, chaque jour, des conséquences de votre relation toxique avec la nourriture.

La différence que je vois, entre ce qu’on appelle la restriction cognitive d’une part, et les TCA d’autre part, c’est que dans le premier cas, vous n’êtes pas en danger de mort physique. Je n’en dirais pas autant de votre santé psychique et de l’enfer que vous pouvez vivre. Qu’en pensez-vous ? Je suis preneuse de votre avis sur la question. 😉

Qu’est-ce la restriction cognitive ?

Pour comprendre quel est le danger des régimes, accordons-nous un focus sur la restriction cognitive. De quoi s’agit-il exactement ? Nous avons déjà abordé ce sujet dans cet article sur le « bon moment ». Aujourd’hui, je vous propose de creuser plus encore cette question. Gérard Apfeldorfer et Jean-Philippe Zermati sont deux médecins nutritionnistes et psychiatres qui travaillent beaucoup sur les questions de l’obésité et du surpoids, notamment dans un groupe de recherche, le GROS (groupe de recherche sur l’obésité et le surpoids). Dans le compte-rendu des 6es rencontres du GROS, en novembre 2008, j’ai trouvé cette définition :

« Nous définissons la restriction cognitive comme l’ensemble des comportements alimentaires, des croyances, des interprétations et des cognitions concernant la nourriture et la façon de se nourrir, découlant d’une intention de maîtriser son poids par le contrôle mental du comportement alimentaire.

Nous décrivons quatre stades de restriction cognitive : légère, modérée, sévère, décompensée, qui correspondent cliniquement à des troubles du comportement alimentaire de plus en plus graves. Les stades mineurs comme les stades majeurs sont accessibles à un traitement. »

Ouf ! On peut s’en sortir ! 😉 Et on peut s’en sortir quelle que soit la gravité du stade auquel nous sommes, disent-ils clairement. Ce traitement allie à la fois :

  • une déconstruction des croyances sur l’alimentation ;
  • des exercices pour retrouver ses sensations de faims et de satiété ;
  • sans oublier un travail sur notre climat émotionnel général, qui nous pousse à manger nos émotions, puisque que nous n’avons pas appris à les vivre.

C’est exactement ce que je vous propose dans mon accompagnement Indépendance Cannelle ! Ce travail peut se composer, entre autres, d’expériences pour dédiaboliser les aliments « interdits ». Manger en pleine conscience étant un excellent outil en la matière 😉 J’ajouterais aussi que ce travail nécessite de se pencher sur toutes les croyances identitaires que vous pouvez avoir, à la fois sur vous-mêmes, mais aussi sur l’apparence physique, l’image corporelle, la féminité ou la masculinité, et bien d’autres encore…

Comment les régimes nous conduisent à la restriction cognitive ?

Les régimes posent des interdits sans rapport avec nos valeurs

C’est très simple : la restriction cognitive est le premier danger des régimes parce qu’ils posent des interdits. Les interdits créent de la frustration, à plus forte raison lorsqu’ils viennent de l’extérieur. Je vois une énorme différence entre une limite que nous nous posons nous-mêmes, en plein accord avec nos valeurs et nos objectifs, et un interdit dicté par l’extérieur.

  • Je peux, par exemple, faire le choix de manger le moins possible de produits transformés, parce que ma valeur « santé » est importante. Je sais qu’en trop grande quantité, les additifs en tous genres peuvent être néfastes pour moi. Ce choix peut aussi être lié à ma valeur « écologie », qui me fait préférer les aliments bruts.
  • Autre exemple : je peux décider de marcher au moins 6 000 pas chaque jour, parce que mon corps est précieux et que j’ai à cœur qu’il reste mobile le plus longtemps possible. La situation est différente si je m’astreins à ces 6 000 pas par jour parce que j’imagine que c’est une solution pour perdre du poids.

Dans ces exemples, plutôt que d‘interdits, il s’agit de “lignes de conduite”. Cela me rappelle l’échange que nous avions eu dans l’épisode 2, avec Colette. Si vous ne l’avez pas encore écouté, n’hésitez pas à découvrir le magnifique parcours qui l’a amenée à se réconcilier avec la nourriture. Elle avait employé ce terme de « lignes de conduite », que je trouve très pertinent.

Les interdits engendrent de la frustration

Revenons à nos moutons, ou plutôt, à nos interdits : j’expliquais qu’ils engendrent de la frustration. C’est alors l’enfant de 3 ans en vous qui va pleinement se réveiller, car c’est une émotion avec laquelle beaucoup d’entre nous ont du mal, surtout à long terme. “Je ne dois pas, je ne dois pas” : cela prend toute la place dans nos pensées, parce que notre esprit s’accommode difficilement avec le “ne pas”. Il préfère de loin les “fait” ! La frustration de l’enfant de 3 ans en nous, le pouvoir de faire et de ne pas faire : nous avons longuement évoqué cela ensemble dans l’épisode 5, sur la volonté. Si vous avez besoin d’un rappel, je vous invite à y faire un tour ! 😉

Cela me rappelle cette expérience proposée par le Dr Russ Harris dans son livre (que j’adore !) : « Le piège du bonheur ». Tentez, pendant une minute, de ne pas penser à une crème glacée, à l’arôme que vous préférez. Je suis prête à parier que vous n’y êtes pas arrivé. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous ne pouvons pas nous arrêter de penser. Sauf erreur, il me semble que nous avons entre 60 à 80 000 pensées par jour… Ainsi, vous imaginez bien qu’il s’agit d’un flot continu. Nous pouvons apprendre à les observer, par exemple en pratiquant la pleine conscience. Mais nous ne possédons pas les moyens de les empêcher de se présenter à notre esprit.

Prenons un exemple. Imaginons que je vous impose l’interdit suivant : pendant tout le temps de votre régime (ou rééquilibrage, ou diète, ou détox… vous avez compris !), vous ne devez pas manger de glace, ou alors seulement une fois par semaine/mois/année… voire tout le temps, pour toute la vie.  Vous, vous adorez les glaces, surtout les bien crémeuses avec des noix de pécan et/ou des pépites de chocolat (Ça y est : vous devriez avoir bien en tête l’image d’une célèbre marque, et votre faim des yeux est bien réveillée !). Bien sûr, si vous n’aimez pas les glaces, cela sera facile : remplacez par votre gourmandise fétiche ! À votre avis, que va-t-il se passer ?  Si ces interdits portent non pas uniquement sur les glaces, mais sur tout un tas d’aliments et plats différents, que va t’il se passer ? S’il n’y a pas d’interdits, mais de nombreuses limitations, que va t’il se passer ? Dans tous les cas, vous arriverez exactement à la même réaction. Vous y penserez sans cesse, vous en aurez de plus en plus envie et lorsque vous “craquerez”, vous en mangerez en grande quantité parce que vous imaginerez devoir à nouveau vous en passer ensuite.

Les interdits et la frustration vous déconnectent de votre corps au profit de votre tête

À l’instar de ces fameuses glaces, certains aliments seront devenus “le diable” : les chips, les croissants, les biscuits… Je vous laisse faire votre propre liste ! Quand vous vous “permettrez” d’en manger, le corollaire de la frustration arrivera à grands pas… J’ai nommé : la culpabilité. À l’inverse, d’autres aliments seront devenus les “bons” aliments. Ce seront ceux que vous pouvez manger sans problème et dans la quantité que vous souhaitez (Vous savez, je parle des célèbres aliments « zéro point » d’un certain régime que vous aurez reconnu !). Ces quantités, là aussi, ce sont vos pensées qui vont les décider, pas vos sensations corporelles. Ces dernières, vous les ignorez depuis le début de cette expérience de restriction. Pourtant, on peut avoir trop mangé de haricots verts ! Il n’y a pas que les chips ou les crèmes glacées qu’on peut manger en trop grandes quantités. 😉

Bref : vous serez prises et pris au piège de cette restriction cognitive. Vous aurez intégré, internalisé ces règles. Si vous ne travaillez pas à les déconstruire, elles resteront imprégnées en vous à tout jamais. Vous aurez peut-être perdu du poids, à force de frustrations et d’interdits. Mais vous aurez aussi et surtout perdu vos sensations de faim et de satiété, parce que vous aurez lutté contre pendant des mois et des mois. Cette perte aussi, est une composante du danger des régimes. Vous aurez, par exemple :

  • mangez alors que vous n’aviez pas ou plus faim, parce que « il faut manger 3 repas par jour, plus une collation » ou parce que « il faut manger telle quantité » ;
  • ou bien vous aurez ignoré vos sensations de faim, car « il ne faut pas faire plusieurs collations » ou parce que « il ne faut pas manger entre les repas ». 

Se faisant, vous vous serez coupé des vraies sensations de votre corps. Vous aurez aussi perdu cette capacité que vous aviez avant tout cela, et dont nous avions parlé dans l’épisode 1 sur les 5 raisons qui font que nous mangeons, de savoir quoi et quand manger. Vous aurez perdu cette capacité à aller vers les aliments dont vous avez besoin au moment où vous en avez besoin.

Comment manger en pleine conscience peut vous libérer du danger des régimes ?

Au-delà de la perte des sensations physiques que nous analysons de façon innée à la naissance, le plus difficile à vivre, à mon sens, c’est cette place que tout cela prend, au quotidien, dans votre espace mental et émotionnel. Ces restrictions provoquent de très nombreuses pensées qui vont guider vos comportements et, se faisant, déclencher des émotions. Illustrons ça avec un exemple : « Tiens, il y a de la pizza ce midi à la cantine. J’adore la pizza ! Mais je ne dois pas en manger si je veux perdre ce poids avant l’été. Bon, je prends une salade. Et un fruit, parce que même si cette tarte aux citrons me fait de l’œil, ce n’est vraiment pas le moment d’en manger. Oh il y a mes barres préférées dans la machine à friandises… Non, je ne dois pas en manger en ce moment”. Que va t’il se passer, au fil de la journée et des interdits ? En rentrant chez vous le soir (Souvenez-vous du réservoir de volonté qui se vide, dont je vous ai parlé dans l’article sur la volonté !), toutes ces frustrations accumulées au fil de la journée ne seront plus vivables. Ce paquet de biscuits, ou ce paquet de chips, vous finirez par le manger. Comme vous savez que vous n’êtes pas prête d’en manger un autre, parce que « il ne faut pas, il ne faut pas » : vous risquez de le dévorer en entier. Une fois votre frustration étouffée au moyen de ce paquet de chips ou de gâteaux, vous vous sentirez plus de force, plus de courage pour « tenir » face à toutes les frustrations qui se présenteront le lendemain. « Tant pis, je craque et j’en mange… mais je le mange en entier parce que je ne pourrais pas en manger de nouveau avant je ne sais pas quand ! Et puis demain, je tiendrai ! »

Vous trouvez que c’est une vie ça ? À long terme, qui plus est ? Si vous lisez cet article, c’est peut-être que vous avez déjà fait de nombreux régimes… La mauvaise nouvelle c’est que, si vous en avez fait plusieurs, voire des dizaines, vous avez alors la preuve que cela ne fonctionne pas. N’est-ce pas ? Existe-t-il un traitement au monde qui fonctionne aussi mal et que cependant nous continuons à prescrire et à croire ? Qu’est-ce qui fait que, pour certains d’entre nous, chaque année, nous y croyons encore ? Aujourd’hui, je n’arrive plus à comprendre ça. Je vous avoue que cela me met même en colère, car chaque jour, je suis face aux dégâts que cela cause. Peut-être est-ce mon biais de confirmation qui s’exprime, mais j’ai l’impression que c’est de pire en pire. J’ai l’impression que de plus en plus de femmes souffrent de cette restriction cognitive et de ces pensées incessantes au sujet de la façon dont elles doivent s’alimenter ou faire de l’exercice. Et ce, qu’elles aient du poids à perdre ou pas !

Pensez-vous vraiment, comme il nous est indiqué à la fin d’un régime et de sa stabilisation (si vous arrivez jusqu’à cette étape !) que vous devrez faire attention jusqu’à la fin de votre vie pour maintenir votre poids ? Avez-vous envie de vivre comme ça, en occupant votre espace mental par des “je dois/je ne dois pas”, plutôt que par des pensées qui vous rendront plus heureuses en vous rapprochant de ce qui est vraiment important pour vous ? Je vous assure qu’il est possible de faire autrement et de dire stop à tout cela. Cela n’a rien à voir avec du « laisse- aller ». Il s’agit seulement de bon sens. Il s’agit seulement de la pleine conscience que vous avez le pouvoir de remettre dans votre alimentation. Il s’agit seulement de retrouver des sensations de faim et de satiété claires et de redevenir une mangeuse instinctive, qui ne se prend plus la tête. C’est entre autres à cela que je vous invite, avec Indépendance Cannelle.

Nous voici au terme de cet article sur le danger des régimes. Il y aurait encore beaucoup à dire, et sur ce sujet c’est parfois difficile de m’arrêter ! J’espère que cela vous aura donné matière à réfléchir. Si vous êtes preneuse d’exercices pratiques : rejoignez notre communauté sur le groupe Facebook ! Vous y recevrez du soutien et pourrez participer aux challenges. N’hésitez pas également à échanger avec moi sur Instagram ou via mon site : je suis toujours très heureuse d’échanger avec vous !

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