La quête du bonheur : pièges et réflexions

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Indépendance
Cannelle :

Bienvenue dans ce nouvel article de mon podcast sur l’alimentation, « La pleine conscience du pouvoir ». Aujourd’hui, nous allons parler du bonheur. Alors, qu’est-ce que le bonheur ? Vous avez 4 heures ! 😉 Je plaisante. Vaste sujet, n’est-ce pas ? Vaste et épineux… Plus particulièrement, nous allons parler des pièges qui peuvent se dresser contre vous dans la quête du bonheur. Beaucoup d’entre nous sont à la recherche de ce Graal. Nous avons tous et toutes envie d’être heureux, n’est-ce pas ? Dans cet article, je commencerai par réfléchir avec vous sur la définition du bonheur. Ensuite, je vous détaillerai les mythes qui peuvent empêcher d’y accéder, avant de vous donner des conseils pour être plus heureux. Sans oublier, bien sûr, de faire un lien avec l’alimentation, qui est mon sujet de prédilection !

Une définition courante du bonheur

D’après le Larousse, le bonheur serait un état de complète satisfaction. Oh, ça fait envie ça…

Lorsque je me demande ce qu’est le bonheur pour moi, la première réponse qui me vient à l’esprit est celle-ci : c’est un sentiment, une impression, un ressenti. C’est le ressenti d’un bien-être physique et psychique qui me fait penser que je suis heureuse. C’est quelque chose qui s’inscrit dans un instant, au moment où je prends conscience que je ressens ce qui peut ressembler au bien-être.

Puisque c’est un sentiment, il me semble qu’il est personnel à chacun. Le bonheur de Pierre ne sera pas le même que celui de Jeanne. Puisque c’est un sentiment, il est par définition fugace. À peine est-il là qu’il semble s’échapper. La quête du bonheur pourrait alors être un ensemble d’actions menées dans l’espoir de conserver en permanence ce sentiment de joie et de bien-être.

« Le piège du bonheur », un livre de Russ Harris

Depuis quelques années, j’ai réalisé pas mal de chemin sur ce concept du bonheur… surtout depuis la lecture d’un certain livre.

Mais quel est ce livre, vous demandez-vous ? Les personnes que j’accompagne en ont généralement entendu parler parce que c’est une référence sur ma vision de la thérapie et de la vie. C’est un des livres les plus populaires sur la thérapie ACT, ou thérapie d’acceptation et d’engagement (Ne partez pas, je vous jure que ça n’a rien de barbant ! 😉).

Ce livre, c’est : « Le piège du bonheur » de Russ Harris. Je l’ai lu, relu et rerelu. Si je pouvais vous montrer mon exemplaire, vous verriez qu’il est bourré de post-it !

Pourquoi Russ Harris nous parle-t-il de « piège » ? Beaucoup d’entre nous sont coincés dans la quête du bonheur, qui consisterait à être heureux à tout prix et à tous moments, sans discontinuer. Il nous explique que cette quête effrénée est totalement contre-productive. Elle nous mène même tout droit à la dépression.

Dans notre première définition du bonheur, il est question d’un ressenti fugace. Ainsi, si nous restons avec cette vision, il faudrait passer notre temps à trouver comment l’alimenter pour se sentir heureux en permanence. S’il est un sentiment de satisfaction, de plaisir, de plénitude, il finit toujours par nous échapper, quoi que nous fassions. La réalité de la vie est ainsi faite : elle nous amène son lot d’émotions agréables, mais aussi d’émotions désagréables. Espérer vivre une vie 100 % faite d’émotions agréables est impossible. Vous voyez ?

Pour beaucoup d’entre nous, la quête du bonheur consisterait à éviter le malheur, à faire en sorte de vivre dans une félicité éternelle et sans cesse renouvelée. Pourquoi est-ce déprimant, à la longue ? C’est déprimant et piégeant tout simplement parce que cette quête est impossible. C’est là que le piège se referme sur vous.

Constatant que vous n’y parvenez pas, vous pouvez vous sentir incompétent, pas à la hauteur, nul de chez nul… Vous pouvez, en plus, avoir l’impression que certaines personnes y arrivent. Entre parenthèses : merci aux réseaux sociaux qui nous baignent, si nous n’y prenons pas garde, dans une utopie faite d’images de vies idéales…


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Une seconde définition de la quête du bonheur

Avoir une vie 100 % agréable est impossible. C’est là qu’intervient une seconde définition du bonheur, telle que nous la propose Russ Harris et plus largement la thérapie ACT. Il s’agirait alors de « vivre une existence riche et pleine de sens ».

Cette vie se construit autour des valeurs qui sont importantes à nos yeux. L’objectif de la quête du bonheur, au lieu de courir après une illusoire joie éternelle, serait alors d’écouter ces valeurs. Celles-ci nous conduisent à mener des actions qui nous approchent de ce qui est important pour nous, au moins la plupart du temps. Lorsque nous agissons en étant guidés par ces valeurs importantes à nos yeux, notre vie devient riche et pleine de sens. Il ne s’agit plus ici d’un sentiment évanescent, mais d’une vision de la vie.

Cela ne veut pas dire que nous ne rencontrerons pas d’émotions désagréables, ni que nous ne vivrons pas d’épreuves. Ce seront justement ces difficultés qui viendront enrichir notre vision d’une vie heureuse. Au-delà des moments difficiles, nous poursuivrons notre but et continuerons ces actions qui nous approchent des valeurs qui ont du sens pour nous.

Comme l’écrit Russ Harris : « Il est possible de se construire une vie qui vaut la peine d’être vécue malgré la souffrance ». C’est vraiment un des piliers fondamentaux de ce que propose la thérapie ACT.

La douleur et les épreuves sont inévitables. Nous vivons une vie d’humain. Plutôt que de chercher à rester dans un sentiment de bien-être à tout prix, nous pouvons apprendre à surfer sur les vagues que la vie nous présente.

La vie n’est pas un conte de fées pour lequel nous pourrions conclure : « ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours ».


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Les 4 pièges qui nous empêchent d’être heureux

Je vous ai proposé une définition d’un bonheur qui me semble atteignable. Maintenant, j’aimerais lister plus en détail les 4 mythes qui peuvent vous empêcher d’être heureux.

1 – Le mythe qui veut que nous devrions être en joie non-stop

La première de ces fausses croyances, nous explique Russ Harris, c’est l’idée que le bonheur serait l’état naturel de tout être humain. Par conséquent, nous devrions absolument y revenir coûte que coûte. Les épreuves seraient alors juste des échecs dans la quête du bonheur, l’idée étant de s’en affranchir le plus vite possible.

Cela me fait penser à ce que vivent les personnes en deuil, que ce soit le deuil d’une relation, d’un proche, d’un animal, d’un projet… Nous vivons mille et un processus de deuil durant notre existence. Ces personnes peuvent se retrouver confrontées à cette injonction de « faire leur deuil ». Comprenez : passer à autre chose, si possible rapidement, ou en tous cas dans un temps qui semble raisonnable et en adéquation avec ce que d’aucuns imaginent de la souffrance vécue. Il faudrait revenir à cet état « naturel », « normal » du bonheur qui consiste à aller bien, à être dans le positif et dans la joie. Cette vision du deuil et du bonheur nie le rythme et le besoin de chacun de vivre ce processus à sa façon. Certains d’entre nous ont besoin d’aller mal et d’être triste plus longtemps que d’autres ou que ce que la norme voudrait.

2 – Le mythe qui veut qu’être malheureux constitue une déficience

Le second mythe, découlant du premier, serait que les gens malheureux sont déficients, qu’ils ne font rien pour s’en sortir et qu’ils devraient changer. Notre société occidentale considère que la souffrance émotionnelle est anormale et qu’il faut la soigner.

Mon avis, comme je le disais plus haut, c’est que nous pouvons avoir besoin de rester dans la souffrance ou parfois d’y revenir, d’y repenser. À l’instar de la nostalgie, ce peut être un moyen de se souvenir que ce que nous avons traversé, ou traversons encore, n’est pas rien, que ça a son importance. Peut-être avez-vous déjà vécu cela ? Ce besoin de reconnecter à un sentiment de tristesse peut permettre, par exemple, de se souvenir d’un être cher. Il peut s’agir aussi de cette fameuse nostalgie du pays dont parle si bien Césaria Evora avec sa fameuse « Sodade ».

3 – Le mythe qui veut qu’une vie heureuse est dénuée d’émotions désagréables

Le 3e mythe, nous en avons déjà un peu parlé, c’est que pour avoir une meilleure vie, nous devrions nous débarrasser des émotions désagréables. Je parle là des émotions qui sont souvent désignées comme « négatives ». Il faudrait les remplacer par des émotions « positives ». Ce choix de terminologie dit bien ce qu’il veut dire. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai choisi de parler d’émotions agréables ou désagréables, plutôt que positives ou négatives.

4 – Le mythe qui veut que nous devions contrôler nos pensées et nos émotions

Le 4e mythe, qui vient compléter le 3e, est que nous devrions contrôler nos pensées et nos émotions. Une grande majorité des programmes de développement personnel nous le proposent. L’idée, ce serait d’agir sur nos pensées pour changer notre climat émotionnel et les actions qui en découlent. J’ai moi-même pu en parler à une époque. Ça semble être LA clé vers le bonheur et la réussite.

Cette façon d’envisager le développement de la personne peut devenir très culpabilisante, nous faisant penser que si nous nous sentons mal, c’est de notre faute. C’est de notre responsabilité parce que nous n’arrivons pas à contrôler et à changer nos pensées et nos émotions. Ce mythe nous dit que, si, dans une situation, je ressens une émotion difficile, j’ai le pouvoir de changer les choses. Si je me force à agir sur mes pensées, je pourrai changer mes ressentis. La quête du bonheur serait alors uniquement en lien avec ma volonté.

Certes, c’est vrai : nos pensées créent nos émotions. Cependant, contrôler l’émergence de nos pensées n’est pas possible. Avez-vous déjà fait cette expérience d’essayer de ne pas penser à quelque chose ? Ou de penser une chose à la place d’une autre ? Même avec beaucoup d’auto-persuasion, c’est très difficile.

La quête du bonheur : quels sont les mythes qui vous empêchent d'être heureux ?

Les 2 étapes pour un bonheur pérenne

1 – Utiliser la pleine conscience pour s’observer

Alors que faire ? Comment mener sainement la quête du bonheur à laquelle nous avons tous droit, sans se piéger soi-même ?

Pour commencer, ce que nous propose la thérapie ACT, c’est de nous entraîner à observer ce qui se passe à l’intérieur de nous. Prenons conscience de nos événements intérieurs. Les événements intérieurs, ce sont nos pensées, nos ressentis et nos émotions. À cet instant même où je vous parle, il se passe mille et une choses à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur de moi. Les sons, les odeurs et ce que je peux voir sont autant d’informations que mon cerveau analyse en permanence et dont je n’ai pas forcément conscience.

Tous ces événements me conduisent à agir, à ne pas agir, ou encore à réagir. Ces actions peuvent aller dans le sens de ce qui compte à mes yeux et me rapprocher d’une vie qui a du sens. Elles peuvent aussi, au contraire, m’en éloigner, à plus ou moins long terme. Elles m’éloigneraient alors de cette forme de bonheur dont nous parle Russ Harris.

Nous ne pouvons pas stopper l’émergence de nos événements intérieurs. Par contre, nous pouvons développer cette part de nous qui observe, et qui peut faire un petit pas de côté avant de choisir d’agir ou de ne pas agir.

Les exercices de pleine conscience, formels ou informels, sont une des propositions qui permettent de développer ce moi observateur. C’est la proposition que je vous fais, par exemple, dans l’étape 2 de mon accompagnement Indépendance Cannelle.

La pratique de la pleine conscience est un merveilleux outil pour la quête du bonheur tel que nous la proposent Russ Harris et la thérapie ACT. En pratiquant cette observation formelle, vous entraînez, comme un muscle, la part de vous qui est attentive à vous-même et à vos événements intérieurs.


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2 – Placer les valeurs importantes pour soi à la base de la quête du bonheur

Vous verrez qu’au début, vous prendrez conscience de vos événements intérieurs après coup. C’est en prenant le temps de revenir sur une situation que vous analyserez quel a été votre état émotionnel. Vous vous rendrez compte après coup, quels ont été vos ressentis et vos pensées. Par ailleurs, vous ne décèlerez peut-être qu’un petit bout de ça.

Petit à petit, vous vous rendrez compte de ce qu’il se passe au moment où ça se passe. Peut-être que vous n’arriverez pas encore à changer les choses, à faire ce pas de côté pour stopper, par exemple, l’action que vous allez tout de même faire.

Petit à petit, là encore, vous vous rendrez compte, presque sans y penser, que le pas de côté se fait naturellement. C’est un processus. Cela se fait petit pas après petit pas. Par moments, vous serez découragé. À d’autres, vous vous apercevez que du chemin a été fait. Au fil du temps, vous vous rendrez compte que vos actions vous approchent de plus en plus souvent de ce qui est important pour vous, et vous seul. Votre vie sera de plus en plus riche et pleine de sens, parce que vous vous sentirez de plus en plus souvent en phase avec vos valeurs, avec ce qui compte vraiment pour vous.

Peut-être qu’un premier pas votre cette nouvelle version de la quête du bonheur pourrait être de lister aujourd’hui ce qui est important pour vous ? Je vous propose de vous poser cette question : qui et quoi est important pour moi ? Que répondez-vous à cela ?

Souvent, les réponses sont assez évidentes… au début. Il est assez simple de lister les personnes importantes à nos yeux, nos valeurs, etc. Cependant, je remarque que, la plupart du temps, vous oubliez une personne très importante : vous. Surtout, surtout, ne vous oubliez pas dans la liste ! 😉

La quête du bonheur : conseils pour la mener sans s'auto-piéger.

Bonheur, alimentation et image corporelle

Penchons-nous maintenant sur le lien avec notre thématique habituelle. 😊 De quelle façon mes propos peuvent-ils être utiles pour votre relation avec votre alimentation et votre image corporelle ?

Peut-être que vous aussi, comme moi, vous avez eu ou avez encore cette croyance que votre bonheur dépend de la forme de votre corps ou de votre poids.

Si j’avais répondu, il y a quelque temps, à la question que je viens de vous poser, j’aurais peut-être cité mon poids. Si on m’avait demandé : « Qui et quoi est important pour toi ? », j’aurais peut-être répondu : « perdre quelques kilos » ou « avoir moins de ventre ».

Ces dernières années, j’ai fait un travail sur ma relation à mon corps. J’ai déconstruit les idées que j’avais, en lien avec la culture des régimes et la minceur. Ça m’a permis de prendre du recul là-dessus. Je vais vous proposer un des exercices qui m’ont aidé au début de ce cheminement.

Je suis remontée dans le passé et je me suis demandé comment je me sentais et me considérais lorsque j’étais à un poids satisfaisant, ou lorsque j’étais dans un processus de perte de poids. Ça m’est rarement arrivé durant la période où j’avais une relation troublée avec mon corps et avec la nourriture, mais je pouvais me souvenir de ce que j’avais ressenti.

Certes, il y avait ce sentiment grisant qui accompagne généralement la perte de poids. Vous voyez de quoi je parle ? J’évoque ce sentiment de contrôle, de puissance, de « faire ce qu’il faut », d’avoir de la volonté, de tenir quelque chose, etc. Si, en plus, vous recevez des compliments pour tout ça, c’est encore plus renforcé.

Mais au fond du fond… étais-je heureuse ? Étais-je satisfaite ? Parfois oui, mais cela n’avait rien à voir avec mon poids. En toute honnêteté, ce sentiment de bonheur et de complétude était et est toujours en lien avec ce que nous avons évoqué plus haut. Je l’éprouve lorsque je réalise des actions qui m’approchent de valeurs importantes à mes yeux.

Aujourd’hui, je peux vous dire que la minceur n’en fait pas partie. Je me suis rendu compte, entre autres, que ce n’est pas une valeur qui m’appartient personnellement. C’est une valeur dictée par notre société grossophobe et je ne veux plus participer à alimenter ce système qui propose de donner plus de valeur aux personnes minces.

Souvenons-nous également du témoignage d’Hélène, dans l’épisode 60, et de son partage à propos de la quête du bonheur. Elle nous racontait combien elle avait pensé être heureuse grâce à sa perte de poids. Elle a ensuite pris conscience du fait que, durant toute cette période, elle était comme une coquille vide, vide de joie, vide de vie, vide de sens.


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Et vous, qu’est-ce qui vous rend heureux ?

Je vous propose, une nouvelle fois, de vous poser cette question en détail. La réponse en sera très personnelle. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il n’y a pas une réponse qui a plus de valeur qu’une autre. Votre bonheur dépend-il aujourd’hui de votre apparence physique ? Votre bonheur dépend-il de votre poids ou de votre IMC ? Si oui, êtes-vous OK avec les actions que vous menez pour vous approcher de votre idéal ? Cet idéal est-il réaliste ? Si non, de quoi dépend votre bonheur ? Qui et quoi est important pour vous ? Avez-vous le sentiment que la plupart du temps, vos actions vous approchent de ces qui et quoi ?

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Je serais ravie de connaître vos réponses et de recevoir votre avis sur cet article à propos de la quête du bonheur. Racontez-moi ce qui vous rend heureux ou heureuse ! 😊 Vous pouvez me contacter en message privé sur mon compte Instagram ou me contacter via le formulaire de contact de mon site.


Nous vous conseillons aussi :

  • La balado de Pauchon, le podcast d’Hervé Pauchon (chaque mercredi, il demande aux personnes qu’il croise sur son chemin : « Qu’est-ce qui vous rend heureux ? »)

2 réponses

  1. Merci 🙏 merveilleux, c’est très doux à écouter, les 4 mythes mentionnés sont au plus profond de mon éducation. Les requestionner ouvre tellement de perspective…
    Merci pour votre travail!

    1. Merci beaucoup Anna pour votre commentaire 🤩
      Je suis heureuse que les 4 mythes proposés par Russ Harris vous parlent 😊
      N’hésitez pas à découvrir son livre “Le piège du bonheur” dont je parle dans cet épisode !

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