Comment bien manger ? I Faites la paix avec vos envies !

Découvrir
Indépendance
Cannelle :

Bienvenue dans ce nouvel article de mon podcast sur l’alimentation, « La pleine conscience du pouvoir », de nouveau consacré à la thérapie d’alimentation intuitive. Nous allons aborder en détail le 3e principe : « faire la paix avec la nourriture ». Si vous vous demandez comment mieux ou bien manger tout en laissant libre cours à votre gourmandise, si vous en avez assez de culpabiliser à chaque fois que vous vous faites plaisir avec un aliment : vous êtes au bon endroit ! Voyons ensemble pourquoi la frustration alimentaire est néfaste et comment vous réconcilier avec la nourriture.

Les 10 principes de la thérapie d’alimentation intuitive

Il y a quelques semaines, je vous ai proposé dans cet article-ci un résumé des 10 principes de l’approche thérapeutique d’alimentation intuitive, tels que je les comprends aujourd’hui. Au départ, je n’avais que mon expérience à moi. Même si elle n’est pas généralisable, elle me donnait des pistes quant aux façons de vivre, d’expérimenter et d’intégrer ces principes. Mais, au fil des accompagnements de mes clientes, je ne cesse de découvrir d’autres facettes des 10 principes de cette approche thérapeutique. Aujourd’hui, j’ai envie de partager tout cela avec vous.

Le processus qui mène à une relation apaisée avec l’alimentation a un début. Généralement, il s’agit de ce moment où vous prenez conscience que le problème n’est pas tant dans votre assiette, que dans la façon dont vous abordez votre alimentation et la forme de votre corps. Vous vous apercevez alors que vous vous battez en vain, parfois depuis des années voire des dizaines d’années. Au final, vous faites encore et toujours le même constat : « Je n’ai pas la volonté suffisante pour obtenir ou maintenir le poids et/ou la silhouette dont je rêve et je n’en peux plus de me sentir si mal avec ça. J’en ai marre de ce combat de chaque jour contre moi-même. ». Du coup, vous cherchez d’autres visions des choses, d’autres façons de comprendre et de considérer la relation avec la nourriture et le fait de « bien manger ». C’est là que vous découvrez l’alimentation intuitive.

Chacun des 10 principes pourrait faire l’objet d’un article à lui seul, et ce ne serait pas encore assez. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler en détail du principe 3 de la démarche : « faire la paix avec la nourriture ». Voilà un programme sympathique, n’est-ce pas ? 😉

Avant d’aller plus loin, il est important de préciser que ces 10 principes ne sont pas à considérer les uns sans les autres. Les créatrices de la démarche les transmettent dans un certain ordre, qui est important à respecter lorsque vous vous lancez dans cette thérapie. Le tout premier, souvenez-vous en, c’est de rejeter la culture des régimes. Je vous en ai parlé en filigrane de plusieurs articles : celui sur le thème de la grossophobie, celui sur la perte de poids, et celui traitant du poids et de la santé. Le 2nd principe nous propose d’honorer notre faim. Celui-là, je vous en ai parlé dans l’article sur les 10 principes en bref, bien sûr, mais également dans l’article sur la faim et les envies de manger.

Le 3e principe de l’alimentation intuitive : faire la paix avec la nourriture

Passons donc au 3e principe : faire la paix avec la nourriture ! Voici ce que nous écrivent Evelyne Tribole et Elyse Resch pour le résumer dans la traduction française du manuel :

« Faites une trêve, arrêtez de combattre la nourriture ! Donnez-vous la permission inconditionnelle de manger. Si vous vous dites que vous ne pouvez ou ne devez pas manger tel ou tel aliment, vous risquez d’éprouver un sentiment de privation intense qui se transformera en envies incontrôlables et souvent, en compulsion alimentaire. Quand vous finissez par « craquer » et que vous mangez vos aliments interdits, l’expérience est si intense qu’elle se traduit généralement par une compulsion digne d’un dernier repas accompagnée d’une culpabilité écrasante. »

Dans le 2nd principe, il est question des effets de la restriction sur la faim physiologique. Il s’agit de bien manger du point de vue des besoins de votre corps. Lorsque vous travaillez à honorer votre faim de façon inconditionnelle, vous travaillez aussi à rassurer votre corps, qui ne sera plus privé et saura qu’il aura de la nourriture et de l’énergie quand il en a besoin. Avec ce 3e principe, vous aurez compris que nous parlons cette fois-ci des effets de la restriction sur la sphère psychologique.

Les enjeux de ce principe pour bien manger, mais avec plaisir

Nous l’avons déjà vu ensemble dans l’épisode 9 : interdire ne fonctionne pas. Cela entraîne l’envie irrépressible de se rebeller pour faire ce qui est défendu. Ce 3e principe vous invite à ne plus diaboliser certains aliments, à ne plus les classer comme « bons » et « mauvais », ou comme « sains » et « malsains ». Il vous invite à les considérer comme tous égaux. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de différences entre les aliments ! Il s’agit juste de ne plus les considérer affectivement, émotionnellement comme inégaux.

Faire la paix, c’est stopper la lutte et ne plus vous interdire quoi que ce soit. Bien manger ne devrait pas être un combat de chaque jour. Cette étape peut être mal comprise. Certains vont dire : « Ça veut dire qu’on peut manger tout et n’importe quand, et, par exemple, manger du chocolat tous les jours, toute la journée. ». Oui, ça veut dire ça. Sauf que, si vous faites cette expérience (et je vous y encourage si vous en ressentez l’envie ou le besoin) : vous en aurez vite marre. Évidemment, là je prends le chocolat en exemple, mais ça peut être n’importe quel autre aliment que vous considérez “addictif” aujourd’hui.

Peut-être que certaines ont connu le « régime œuf dur », ou le « régime ananas ». En somme, il est question de manger essentiellement des œufs durs ou de l’ananas pendant X jours ou semaines. Pour celles qui l’ont fait, au bout de quelques jours, voire même au bout d’une journée, vous n’en pouviez évidemment plus de ne manger que ça… Vous ne rêviez que d’une chose : manger d’autres aliments que de l’œuf ou de l’ananas ! Pour vos aliments « tabous » ou « doudous », c’est pareil ! Plus vous vous interdirez de manger quelque chose, plus vous en aurez envie. Lorsque vous « craquerez » et en mangerez, votre corps et votre esprit seront en mode « dernier repas avant le régime » et vous aurez du mal à vous arrêter. Plus un aliment est interdit longtemps, plus il devient séduisant. Lorsque la permission est donnée d’en manger (ou que vous ne tenez plus face à cet interdit), voici venir la culpabilité. Là encore, plus il y aura de culpabilité, plus vous en mangerez. C’est un véritable cercle vicieux ! L’expérience peut se faire pour tous les aliments, que ce soit les œufs durs, l’ananas ou votre nourriture préférée : si vous en mangez toute la journée, vous n’en pourrez plus ! Vous aurez naturellement envie d’autres saveurs. Même si vous adorez le chocolat plus que tout autre chose, vous ne continuerez pas pendant des semaines et des semaines à ne manger que ça. Je vous l’assure ! Faite l’expérience, vous verrez. 😉

Le syndrome de la balançoire pour illustrer la culpabilité alimentaire

Pour évoquer ce cercle vicieux, Evelyne Tribole et Elyse Resch parlent du « syndrome de la balançoire ». Imaginez une balançoire « tape cul » (je ne connais pas d’autre nom, désolée 😉) comme nous en voyons dans les squares. D’un côté, placez la privation et de l’autre, la culpabilité. Plus longtemps vous tenez dans votre régime et ne mangez pas vos aliments interdits, plus le sentiment de privation est haut. Son côté de la balançoire est au maximum. À l’inverse, puisque vous obéissez bien aux règles et que vous ne mangez pas ces aliments interdits, le côté culpabilité est au plus bas, au sol. Mais la restriction devient de moins en moins supportable au fil du temps. Comme la culpabilité est au plus bas, vous vous autorisez à manger un peu de ces aliments interdits. Au départ, vous pouvez tolérer cette culpabilité et la balançoire est à l’équilibre : culpabilité et privation sont au même niveau. Vous avez alors l’impression de vraiment « bien manger ». Cependant, un sentiment d’échec commence à s’installer parce que, même à ce niveau, la culpabilité n’est pas confortable. Le fameux « foutu pour foutu » se déclenche à ce moment-là. Au fil des jours, les privations diminuent et la culpabilité augmente, pour finir par se retrouver tout en haut à son tour. Le schéma se répète ensuite, encore et encore, vous voyant alterner restriction puis compulsion.

bien manger

4 étapes pour bien manger avec plaisir, sérénité et bienveillance

Quelle est la seule solution ? C’est de descendre de la balançoire, exactement comme lorsqu’un des 2 enfants qui était monté dessus décide de ne plus jouer. Pour stopper la culpabilité, il est nécessaire de vous donner la permission inconditionnelle de manger et de faire la paix avec la nourriture. Cette nouvelle définition de ce qu’est bien manger, mais avec plaisir, passera par plusieurs étapes.

1 – Mettre tous les aliments sur un pied d’égalité

Tout d’abord : vous débarrasser de l’idée préconçue qu’il existe des aliments « bons » ou « mauvais ». Aucun aliment à lui seul ne peut avoir d’impact sur votre santé. Par ailleurs, il n’y a aucune valeur morale à manger un type d’aliment ou un autre. Une personne qui mange des brocolis n’est pas une meilleure personne que celle qui mange des biscuits ou du saucisson.

2 – Ne rien s’interdire

Ensuite : manger ce que vous voulez vraiment, sans rien vous interdire, pour vous réhabituer à manger les aliments interdits. Souvenez-vous de ce que je vous disais plus haut avec le régime « œufs durs » ou « ananas » : au bout d’un moment, un aliment que vous mangez en permanence ne devient plus aussi attractif. Puisque c’est le fait d’interdire un aliment qui le rend irrésistible, je vous assure, encore une fois, que si vous en mangez toute la journée pendant quelques jours, il le deviendra bien moins ! Bon nombre de personnes ayant suivi le processus d’alimentation intuitive se rendent compte un jour qu’elles ont dans leur placard un paquet de biscuits ou un pot de pâte à tartiner, peu importe quel est votre aliment « tabou », qu’il est là depuis longtemps et qu’elles n’en mangent que de temps en temps, quand l’occasion se présente. Elles réalisent que ce pot ou ce paquet peut rester là pendant des semaines ou des mois, qu’elles ont oublié qu’il était là et qu’elles n’en mangent naturellement que de temps en temps. Certaines se disent même : « finalement, c’est sympa mais ce n’est pas si génial que ça ».

3 – Manger en pleine conscience

Une autre étape proposée est de manger en pleine conscience un de vos aliments tabous. Choisissez-en un, peut-être en fonction de sa charge émotionnelle, pour qu’il ne risque pas non plus de déclencher trop de culpabilité. Puis, dégustez-le en mettant vos 5 sens en éveil, en vous concentrant sur le plaisir et sur toutes les sensations procurés par cet aliment. Observez-vous tout au long de la dégustation, soyez attentif à ce que cela vous fait vivre. Cela vous aidera à profiter pleinement de ces aliments « tabous » et ainsi de ne pas ressentir le besoin d’en manger à outrance.

4 – Arrêter de compenser

Enfin : manger sans vous punir derrière, c’est-à-dire sans compensation obligatoire. Terminés, les raisonnements du genre : « OK, je mange du gâteau au chocolat aujourd’hui, mais je saute le petit-déjeuner demain », ou « Je fais plus de kilomètres pour ma course à pied ». Ce genre de négociation n’est pas dans l’inconditionnalité… « Inconditionnel » signifie bien qu’il n’y a pas de compensation derrière ! 😉

L’importance de la permanence dans cette vision du « bien manger »

En travaillant à vous donner cette permission inconditionnelle de manger, en faisant ainsi la paix avec la nourriture, vous rassurerez votre esprit. Vous lui ferez la promesse de ne plus lui poser d’interdits venant de l’extérieur. Tout comme le principe 2, « honorer sa faim », permet de rassurer votre corps quant aux privations, là, vous rassurerez votre esprit. Selon moi, bien manger passe en premier lieu par ça, avant même de se poser la question de l’équilibre et de la variété de vos assiettes.

N’oubliez pas que cette permission de manger est inconditionnelle. Nous ne le répétons jamais assez ! 😉 Ce n’est pas juste à appliquer pour un moment, pour un repas ou pour une période. Ce n’est pas valable que pour les vacances, le week-end ou les cheat-meal. Combien d’entre nous ne s’est pas déjà dit : « Allez, c’est les vacances, on se fait plaisir et on reprend les bonnes habitudes à la rentrée ! » ? Non, là, c’est pour toujours. Cela nécessitera d’apprendre à mettre de côté toutes les pensées de culpabilisation que la voix de votre restriction cognitive vous souffle aux oreilles… C’est un travail de fourmi que de déconstruire ces pensées-là, de les observer, de les mettre petit à petit à distance, jusqu’à leur fermer la porte. Il s’agit de la fameuse « police de la nourriture », abordée dans le 4e principe de la thérapie d’alimentation intuitive, mais c’est un autre sujet ! 😉

J’espère que cet article vous aura apporté une nouvelle définition de ce que peut être le fait de bien manger. Quelles que soient votre histoire et votre relation avec l’alimentation, faire la paix avec la nourriture est possible et source d’apaisement. Si vous souhaitez être accompagné pour vivre ce travail thérapeutique, sachez que c’est le but que nous suivons dans mon accompagnement Indépendance Cannelle. Nous passons 12 mois ensemble, dans l’intention que vous puissiez retrouver une relation sereine avec la nourriture, une alimentation intuitive, et une image corporelle apaisée et bienveillante. Pour en discuter avec moi, contactez-moi via mon site internet ou sur mon compte Instagram.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

💬 Besoin d'infos supplémentaires ?