Les 10 principes de l’alimentation intuitive en bref

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Bienvenue dans ce nouvel article de mon podcast sur l’alimentation, « La pleine conscience du pouvoir ». Aujourd’hui, je vais vous présenter un peu plus en détail que d’habitude les 10 principes de l’alimentation intuitive. J’ai réalisé que, jusqu’à présent, je n’avais jamais fait d’article présentant un condensé de cette thérapie ! J’espère que ça répondra à certaines de vos questions. Comme vous le savez, j’allie cette approche à celle de la pleine conscience dans mon accompagnement Indépendance Cannelle, pour vous aider à retrouver une relation apaisée avec la nourriture. Cependant, cet article ne vous présentera cette thérapie qu’en bref ! C’est un sujet très vaste et nous pourrions consacrer un article entier à chacun des 10 principes de l’alimentation intuitive, ainsi que d’autres sur les idées reçues, le processus thérapeutique, la grossophobie, etc. Avant d’aller plus loin, je souhaite aussi préciser que je vous en parle telle que je la comprends aujourd’hui. Cela fait environ un an que je pratique cette façon d’aborder la nourriture,l’action de manger et le rapport au corps. Je l’ai d’abord expérimentée sur moi-même, entre autres parce que je me sentais encore prisonnière de pensées de restriction alimentaire. Cette approche me semblait tellement novatrice, d’après ce que j’en voyais et avais pu en expérimenter, que je voulais aller plus loin. Après un an, je peux affirmer qu’il s’agit bien d’un processus thérapeutique et que ce n’est pas pour rien que j’emploie ce mot. Ce n’est pas une méthode miracle, ce n’est pas de la magie ni un ensemble d’exercices à enchaîner les uns après les autres. Malgré tout, la thérapie d’alimentation intuitive se traverse quand même dans un certain ordre. Cela est particulièrement vrai pour les derniers principes, qui nécessitent d’avoir traversé les précédentes étapes et d’avoir acquis une certaine compréhension de soi-même. Commençons maintenant notre découverte avec une présentation des fondatrices.

Les fondatrices des 10 principes de l’alimentation intuitive

Ce sont 2 nutritionnistes américaines qui ont établi les 10 principes de l’alimentation intuitive : Evelyn Tribole et Elyse Resch. Après des années et des années à prescrire des régimes à leurs patients, elles se sont rendu compte qu’ils ne fonctionnaient pas. Que se passait-il ? Des mois ou des années après, les mêmes personnes revenaient, constamment en échec, après avoir repris le poids perdu, voire même plus. Au fil du temps et des régimes, ces gens se dévaluaient de plus en plus, pensaient qu’elles n’avaient pas de volonté, qu’elles étaient de mauvaises personnes et qu’elles n’arriveraient jamais à rien, etc.

Plutôt que de laisser ces personnes continuer à se remettre en question, elles se sont interrogées elles-mêmes. Qu’est-ce qui clochait dans leur approche ? Qu’est-ce qui faisait que le traitement prescrit impliquait plus d’échecs que de réussites ? Cette constatation à elle seule devrait quand même amener quiconque à remettre en question le traitement donné… Si nous faisions une analogie avec la façon dont sont évalués les traitements médicamenteux, il me semble évident qu’un traitement fonctionnant aussi mal serait revu avant d’être autorisé.

Ceci étant, je tiens à préciser que je me méfie de certains chiffres. Nous entendons souvent dire que « 95 % des régimes ne fonctionnent pas ». J’ai moi-même pu le dire… Mais je ne sais pas sur quoi c’est fondé, ni même si c’est fondé. Cependant, peut-être l’avez-vous vécu, tout comme moi : la plupart des régimes ne fonctionnent pas. Ils nous font même, au contraire, rentrer dans une spirale de yoyo et de dévalorisation de nous-même. Ils ne résolvent pas le fond du problème et de plus, ces échecs répétés nous amènent dans une relation troublée avec l’alimentation. Nous nous retrouvons à nous méfier de tout ce que nous faisons, nous ne savons plus quoi manger, quand manger ni en quelle quantité. Nous nous mettons à suivre uniquement des règles extérieures et à vouloir les suivre à vie, en étant complètement déconnecté de nous-même.

Constatant ça, Evelyn Tribole et Elyse Resch se sont dit qu’il fallait créer autre chose et elles ont commencé à expérimenter et à élaborer la thérapie d’alimentation intuitive. Depuis, cette dernière a été validé par de nombreuses recherches. Vous pouvez les retrouver dans leur manuel, intitulé « L’alimentation intuitive » et traduit en français depuis environ un an. Cette thérapie a fait ses preuves et a montré, contrairement aux régimes, qu’il y avait du succès derrière. Les personnes qu’elles accompagnaient arrivaient à retrouver une relation intuitive et sereine avec leur alimentation. Finalement, c’est cela qu’elles venaient chercher. Elles consultaient pour le poids, évidemment, mais, nous allons le voir, le contrôle intentionnel du poids est une notion à laisser de côté dans cette approche. Nous en avons d’ailleurs déjà parlé dans cet article-ci. 😉 Ce que propose la thérapie d’alimentation intuitive, c’est de travailler sur sa relation avec l’alimentation pour la retrouver telle qu’elle était lorsque nous sommes nées.

Dans un prochain article, nous parlerons de l’alimentation des enfants ! Les enfants, à la naissance, ont une intuition alimentaire et savent ce qui est bon pour eux. D’ailleurs, cela est vrai pour l’alimentation, mais aussi pour beaucoup d’autres domaines ! Nous, en les guidant dans cet apprentissage, nous pouvons, maladroitement et malgré nous, venir troubler cet instinct. Mais ce n’est pas le sujet ici ! 😉

Je disais donc que l’objectif de cette thérapie est de travailler sur la relation avec l’alimentation. Il ne s’agit en aucun cas d’avoir un contrôle intentionnel sur notre poids. Méfiez-vous si vous rencontrez des personnes qui vous promettent une perte ou une prise de poids avec la thérapie d’alimentation intuitive… Cela viendrait en opposition avec l’un de ses principes !

Avant de passer au vif du sujet, je rappelle encore une fois que c’est un processus qui demande du temps. Ce n’est pas magique. Pour certaines personnes, cela demandera quelques mois, ou une année, voire plusieurs années. Ça nécessite de la constance et de la persévérance, mais pour un résultat que j’ai envie de qualifier de vital. Cela vous permettra de retrouver l’état initial grâce auquel vous vous sentiez parfaitement bien avec votre alimentation. Certains d’entre vous ne se souviennent peut-être même pas de quand ça date, cette relation apaisée. De plus, au-delà de l’alimentation, cette approche peut impliquer d’autres transformations plus globales dans votre vie, dans votre façon d’aborder les choses. Venons-en aux 10 principes de l’alimentation intuitive ! Cependant, je vais seulement vous les résumer, pour que cet article ne soit pas trop long.

1 – Rejeter la culture des régimes

Le premier principe, c’est de rejeter la culture des régimes. Pourquoi est-ce lui le premier ? Parce que c’est fondamental de travailler sur ce point dès le début. C’est le fondement de cette thérapie et c’est aussi ce qui fera la différence avec d’autres approches qui abordent la question de l’alimentation sous un œil psychologique. Il s’agit de comprendre en quoi les régimes ne sont pas, ou en tout cas ne sont plus, la solution. Ce principe vous demande aussi de faire le deuil du dernier régime. Cela peut vous amener à traverser des phases, comme la colère, la tristesse, le sentiment d’être abandonné ou d’être complètement perdu, etc. Mais, c’est vraiment un indispensable prérequis à l’ensemble du processus.

Rejeter cette mentalité de régime, c’est aussi travailler sur toutes les pensées qui vous ramènent à la restriction, ou contrôle ou à la mentalisation de votre alimentation. D’un point de vue plus global, et même sociétal, il s’agit aussi de travailler sur la grossophobie, que ce soit celle que vous avez à propos des autres et de vous-même. Je vais en avait déjà parler dans cet article-ci ! Vous y découvrirez, entre autres, comment déconstruire, pas après pas, toutes les pensées grossophobes que vous avez internalisées sans vous en rendre compte.

En résumé, le premier principe, c’est à la fois :

– Prendre conscience que le contrôle intentionnel du poids et de l’alimentation n’est pas la solution. Ça n’a pas fonctionné jusqu’à aujourd’hui et ça ne fonctionnera pas plus tard non plus.

– Déconstruire vos pensées grossophobes.

Ce premier des 10 principes de l’alimentation intuitive se poursuit en filigrane pendant tout l’accompagnement. L’idée, quand je vous parle des 10 principes dans cet ordre-là, c’est qu’il y a une idée « d’entrée d’entonnoir », mais pas seulement. Ils sont comme 10 fils que vous allez commencer à tricoter l’un après l’autre, mais qui continueront à se tricoter au fur et à mesure et qui se mêleront au fil du temps. Si vous attendez, par exemple, d’avoir complètement déconstruit les pensées grossophobes avant de passer à la suite, vous allez perdre du temps ! En plus, ce serait dommage, car en expérimentant les autres principes, vous allez continuer à travailler sur toutes ces pensées de régimes qui incitent à prendre le contrôle.

2 – Honorer sa faim

Si vous avez fait de nombreux régimes, vous êtes peut-être complètement déconnecté des sensations normales de faim. Ou alors, vous avez appris à les ignorer, à les mettre de côté, à penser que ce glouglou dans votre estomac est autre chose que de la faim, etc. Honorer sa faim nécessite déjà de pouvoir reconnaître les sensations qui y sont liées, les ressentir, les expérimenter.

Dans mon accompagnement Indépendance Cannelle, avant d’étudier les 10 principes de l’alimentation intuitive, nous travaillons sur la pleine conscience. Nous tâchons notamment d’apprendre à se reconnecter à ses sensations corporelles. Là aussi, il s’agit d’un travail qui se continue dans le temps et qui est, lui aussi, en filigrane de tout le reste. Toujours est-il qu’honorer sa faim passe avant tout par la nécessité de reconnaître les sensations de faim. Puis, il s’agit de vraiment les honorer, c’est-à-dire de ne plus être dans une restriction alimentaire et de répondre aux besoins qu’elles expriment. Apportez du carburant à votre corps qui, lorsque vous avez faim, n’a pas forcément besoin d’eau. 😉 J’imagine que vous connaissez cette astuce qui consiste à boire un thé ou un grand verre d’eau pour couper sa faim parce que ce n’est pas encore l’heure de manger et qu’il faut attendre. Si votre corps réclame des nutriments et que vous lui apportez du thé : vous ne répondez pas à son besoin. Lorsque vous avez soif, est-ce que vous mangez un biscuit ? Non, bien sûr. Quand vous avez soif, vous buvez un thé ou de l’eau. Du coup, quand vous avez faim, quelle est la meilleure réponse à apporter à votre corps ? C’est de manger, bien sûr.

L’une des premières expériences que je vous propose dans mon accompagnement, c’est de répondre systématiquement à votre faim, si votre organisation le permet. Puis, expérimentez : « Tiens, là j’ai faim. Je ne savais pas que je pouvais avoir faim à cette heure-là… Même si j’ai mangé il y a une demi-heure, un quart d’heure, ou 3 heures, je vais manger. Puis je vais voir ce que ça donne. Je vais manger cet aliment qui me fait envie, je vais honorer ma faim et voir ce que ça donne, combien de temps après j’ai de nouveau faim. ». C’est ce type d’expérience, que je vous propose, en parallèle d’un travail sur vos pensées. Dans ces moments-là, la mentalité de régime peut revenir et vous dire, par exemple : « Mais ça ne fait que 30 min que j’ai mangé, je ne devrais pas avoir faim ! », ou à l’inverse : « Ça fait quand même 5 heures que je n’ai pas mangé, je devrais avoir faim… ». Bien sûr, sur ce second exemple, il peut y avoir un travail intéressant à réaliser si vous êtes complètement déconnecté de vos signaux de faim. Une régularité théorique peut être intéressante au début, mais nous en parlerons plus en détail dans mon accompagnement, si besoin.

10 principes de l'alimentation intuitive

3 – Faire la paix avec la nourriture

Faire la paix avec la nourriture, ça nécessite de mettre tous les aliments au même niveau. Attention : je ne suis pas en train de dire que tous les aliments ont les mêmes propriétés nutritionnelles, qu’ils sont tous égaux. Une chips, ce n’est pas pareil qu’une orange, non. Ce n’est pas ce que je suis en train de dire. Quand je parle d’aliments égaux, je parle de l’affection que vous leur portez, de l’attirance qu’ils vont avoir sur vous. Bien sûr, ça ne veut pas dire que vous devez avoir le même goût pour tous les aliments ! 😉 Ils ne vous apportent évidemment pas tous le même plaisir.

Il s’agit de diminuer la culpabilité qui vous dit qu’un aliment est plus « digne » d’être mangé qu’un autre, parce qu’il est plus « sain » et/ou moins calorique. Il s’agit de vous dire que vous n’êtes pas plus vertueux si vous prenez une salade plutôt qu’une pizza au restaurant. Si vous avez envie d’une salade parce que c’est ça qui vous a fait le plus envie en regardant la carte, prenez une salade ! Et si c’est la pizza qui vous a donné le plus envie, prenez la pizza. Faire la paix avec la nourriture, en plus de vous donner la permission inconditionnelle de manger qui va de pair, c’est aussi de manger sans notion de hiérarchie entre les aliments, sans idée que « cet aliment est meilleur que celui-là ». Là encore, nous pourrions développer longtemps et j’espère que cette version résumée est suffisamment claire !

4 – Défier la police de la nourriture

Qu’est-ce que la police de la nourriture dont il est question dans ce 4e des 10 principes de l’alimentation intuitive ? Il s’agit de toutes les voix, à l’intérieur de notre tête, qui viennent nous dire :

– « tu devrais faire ci », « tu ne devrais pas faire ça » ;

– « ça, tu en as déjà mangé hier, tu ne devrais pas en reprendre » ;

– « ça, en ce moment, ce n’est peut-être pas bon pour toi », etc.

Ça englobe aussi les pensées donnant (ou non) des vertus à des aliments, comme par exemple : « olala mais cet aliment n’est pas sain du tout, ne le mange pas ».

Il s’agit de ses pensées qui viennent juger tout ce que vous faites, ou vous donner des conseils nutritionnels. Défier cette police-là, ça peut vous mettre dans une position de rebelle. Les auteures de l’alimentation intuitive parlent de « la voix de la rebelle des régimes ». Ça rejoint la colère qui peut venir avec le rejet de la mentalité de régime. On peut imaginer une voix qui dirait : « Nananère, moi j’ai dit que je peux manger ça, donc j’en mange ! Telle partie de moi me dit que je ne devrais pas, mais puisque c’est comme ça, et bien moi je le fais ! ». Vous voyez ce que je veux dire ? Parfois, j’appelle ça aussi notre côté ado. La police de la nourriture est composée de plusieurs voix à l’intérieur de nous, qui nous servent ou nous desservent. L’idée, c’est de suivre des voix plus bienveillantes, qui vont nous dire, par exemple : « Oh je sais que si je mange cet aliment-là, je vais avoir un peu mal au ventre. Je l’ai déjà expérimenté, donc je sais que ce n’est pas une bonne idée. ».

Pour illustrer cela, j’ai envie de partager avec vous quelque chose qui nous a beaucoup fait rire avec mes clientes, lors d’un travail de groupe. Nous parlions de la police de la nourriture. L’une de mes clientes a évoqué l’image d’un de ces camions de cirque avec une espèce d’hygiaphone sur le dessus, qui annoncent la venue d’un cirque dans la ville. Elle, elle voyait vraiment cette police comme ce petit camion du cirque qui crierait : « Attention attention, vous ne devez pas manger cet aliment ! ». Depuis, ça nous est resté et nous y repensons régulièrement.

En résumé, le but de ce principe est que, au fil du temps, la police de la nourriture devienne un ensemble de voix alliées, bienveillantes avec vous-même.

5 – (Re)découvrir la satisfaction

Avec ce 5e des 10 principes de l’alimentation intuitive, il s’agit de ressentir de nouveau du plaisir en mangeant. Lorsque nous suivons de nombreux régimes, ce plaisir peut être mis au second plan, à force de se dire, par exemple, que « il vaut mieux manger ça parce que c’est meilleur pour ma santé et ma ligne ».

Du coup, pour reprendre l’exemple de tout à l’heure : même si l’idée de manger d’une pizza au restaurant vous fait plaisir, vous prendrez une salade, parce que « c’est meilleur pour vous ». Est-ce que le plaisir sera au rendez-vous ? Peut-être, parce que vous vous direz que vous avez été sage et que vous serez fière de vous. Mais ressentirez-vous un grand plaisir gustatif ? Probablement pas, si vous aviez envie de la pizza… Je pourrais donner un autre exemple. Je pense que beaucoup ont vécu cette expérience d’avoir très envie de manger un biscuit à un moment de la journée, mais de se dire « non, ce n’est pas bien, je ne dois pas manger de biscuit, je vais plutôt prendre une pomme ». Or, si vous avez envie d’un biscuit, manger une pomme ne vous apportera pas de plaisir ni de satisfaction. Du coup, vous en mangerez peut-être une 2e, car vous aurez toujours ce besoin de manger et d’être satisfaite. Et après, que va-t-il se passer ? Vous allez peut-être quand même manger un biscuit. Puis, vous rentrerez sans doute dans la spirale du « foutu pour foutu » et vous mangerez tout le paquet. Après ça, vous vous sentirez sans doute mal. Vous ressentirez sans doute de la culpabilité, car vous vous sentirez coupable. Du côté des sensations corporelles, vous aurez sans doute mal au ventre, vous serez peut-être écœuré. Alors que si vous aviez suivi cette envie de manger (D’ailleurs, n’hésitez pas à consulter cet article-ci, sur le thème des envies de manger !), tout cela ne serait sans doute pas arrivé.

Par ailleurs, être satisfait et éprouver du plaisir, c’est aussi ça qui vous indiquera à quel moment arrêter de manger. Nous parlerons plus bas de la satiété, mais, pour moi, elle est intimement liée à la satisfaction et au plaisir de manger. Qu’est-ce qui fait arrêter de manger ? Il y a la satiété, certes, c’est-à-dire l’absence de faim. Mais il y a aussi le fait d’être satisfait, d’être repu. Il vous évoque peut-être autre chose, mais moi j’aime bien ce terme de « repu ». Ça m’évoque les bébés, après une tétée, à moitié endormis. On sent qu’ils sont détendus, qu’ils sont dans le plaisir, qu’ils sont bien… C’est cet état-là que nous recherchons et dont nous avons besoin aussi.

Un exercice intéressant à réaliser, par rapport à la satisfaction, c’est de se concentrer sur ses sensations de plaisir gustatif pendant un repas. Vous remarquerez qu’au bout d’un moment, il n’y a plus tant de plaisir que ça, à manger cet aliment que vous adorez. C’est alors le signe qu’il est temps d’arrêter : la satiété est là.

6 – Reconnaître sa satiété

Justement : ressentir la satiété, c’est le 6e des 10 principes de l’alimentation intuitive. Il s’agit donc, nous le disions, du fait de ne plus avoir faim, d’avoir répondu aux besoins physiologiques du corps et de sentir son estomac rempli à sa juste mesure. Ça aussi, c’est quelque chose que nous pouvons travailler par « essais-erreurs », en allant trop loin à certains moments, pas assez à d’autres, en observant, voire en se documentant. À cette étape de mon accompagnement, je propose généralement à mes clientes, de tenir un journal de la faim et de la satiété. Avec un guide, proposé également dans le manuel de l’alimentation intuitive et présenté sous forme d’échelle, elles peuvent explorer et observer, pour apprendre à mieux se connaître.

Avant de poursuivre, je vais faire une petite parenthèse… Peut-être que vous commencez à vous dire que je vous parle d’alimentation intuitive, mais que ça n’a pas l’air si intuitif que ça ! Je vous parle de se documenter, d’observer, de réaliser des expériences, etc. Effectivement ! Mais tout ce temps que vous passerez beaucoup de temps à observer et à vous focaliser sur certaines choses, ce n’est qu’une partie du processus. De plus, vous remarquerez que ça n’a rien à voir avec la focalisation liée au régime, pleine d’obsessions et de « je dois » et « il ne faut pas ». Là, c’est une exploration vertueuse qui a pour but de vous reconnecter avec vous-même et de mieux vous connaître. Au final, au bout du processus, vous arriverez à quelque chose de naturel et de plus en plus intuitif. Donc oui : pour retrouver son intuition en mangeant, la thérapie d’alimentation intuitive demande de passer par des étapes qui peuvent sembler contre-intuitives et qui nécessiteront que vous vous observiez.

10 principes de l'alimentation intuitive

7 – Intégrer ses émotions avec bienveillance

Là aussi, il y aurait énormément de choses à dire ! Intégrer ses émotions avec bienveillance, c’est, entre autres, comprendre que c’est normal de ressentir des émotions, agréables ou désagréables. Elles nous traversent, elles sont comme des vagues inexorables, que nous ne pouvons pas supprimer. La meilleure chose à faire, c’est d’apprendre à les accueillir, à se laisser traverser, sans être complètement paniqué ni se laisser envahir.

Dans mon accompagnement Indépendance Cannelle, nous commençons par travailler sur la pleine conscience. Je vous propose alors de développer votre « moi-observateur » et, avec lui, cette capacité à accueillir vos émotions, au niveau corporel et au niveau de vos pensées. Lorsque nous en reparlons ensuite à travers du processus d’alimentation intuitif, il s’agit de comprendre que manger pour des raisons émotionnelles, ce n’est pas grave. Ce 7e des 10 principes d’alimentation intuitive vous invite à accepter que ce soit un des moyens qui existent pour traverser et accueillir ses émotions. Peut-être, d’ailleurs, que c’est le seul moyen que vous aviez trouvé jusqu’à aujourd’hui. Peut-être même que vous mangez pour des raisons émotionnelles sans vous en rendre compte car vous n’avez jamais fait le rapprochement. Peut-être constatez-vous seulement régulièrement, vous vous retrouvez à vider votre placard, votre réfrigérateur ou les 2, sans comprendre ce qu’il s’est passé.

Si vous savez qu’il vous arrive de « manger vos émotions », alors peut-être que vous vous dites qu’il faut vous débarrasser de ça… Certains programmes proposent d’éradiquer l’alimentation émotionnelle. C’est souvent vu comme quelque chose à ne pas faire. Je ne suis pas d’accord : c’est un moyen qui fonctionne très bien et vous pouvez faire le choix de l’utiliser. Vous avez le droit de vous rendre compte qu’à certains moments, vous n’arrivez pas à faire autrement… et ce n’est pas grave ! Ne vous rajoutez pas une nouvelle couche de culpabilité ! C’est ça, finalement, qui crée une spirale qui rend l’alimentation émotionnelle difficile et… « toxique » me semble mal adapté, mais problématique en tout cas.

À ce sujet, je refais une parenthèse : avant de penser aux raisons émotionnelles, vérifiez que votre faim n’est pas un effet d’une restriction physiologique ! Si vous avez enchaîné les périodes de restriction, pendant lesquelles vous ne mangiez pas suffisamment, c’est normal qu’à certains moments, votre corps vous demande de manger beaucoup et que ça déclenche des compulsions.

Une partie de notre travail lors de la thérapie, ce sera d’identifier ce qu’il se passe et d’observer à quels moments ces problématiques (ou pas, car vous réaliserez peut-être que ce n’est pas si problématique que ça) se déclenchent. Une fois cela réussi, vous aurez sans doute envie de diversifier les moyens à votre disposition pour accueillir et traverser vos émotions. Manger n’est évidemment pas le seul ! 😉 Cela, nous pouvons en parler ensemble dans mon accompagnement Indépendance Cannelle.

8 – Respecter son corps

Rien qu’avec l’énoncé de ce 8e des 10 principes de l’alimentation intuitive, je pense que tout est dit ! Nous ne sommes pas en train de vous dire qu’il faut l’aimer inconditionnellement, dans toutes ses parties, il vous faut absolument le voir comme merveilleux… Non. L’idée, c’est d’être dans le respect, de l’honorer dans la mesure où c’est le véhicule qui vous permet aujourd’hui d’être sur cette Terre et d’accomplir tout ce que vous avez à accomplir. Plusieurs d’entre vous, dans les témoignages de mon podcast, ont réalisé cela à travers la grossesse et la naissance d’un enfant. Cela peut aussi se réaliser au travers d’une épreuve physique, que ce soit le sport ou une maladie. Songez à tout ce qu’il vous a permis de faire jusqu’à aujourd’hui et tout ce qu’il vous permettra de faire, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin de votre vie. C’est tout cela qui doit vous amener à éprouver du respect pour cette machine extraordinaire qu’est votre corps.

9 – Aborder le mouvement autrement

Dans l’avant-dernier des 10 principes de l’alimentation intuitive, nous vous invitons à être dans une approche du mouvement bienveillante pour votre corps. Il s’agit de réaliser des activités physiques respectueuses pour lui, quelle que soit sa forme. Bien sûr, cela doit se réaliser petit à petit, pour ceux qui sont fâchés avec le sport, qui voient cela comme quelque chose d’horrible. Cela peut par exemple être votre cas, si, comme moi, vous avez eu des expériences épouvantables à l’école ou au collège, où vous n’avez jamais été considéré comme sportif… Vous avez alors fini par vous persuader que « le sport, ce n’est pas pour moi ». Mais ici, nous parlons de mouvement, plutôt que de sport. Ressentir et pratiquer le mouvement intuitif, c’est un sujet dont nous avions parlé avec Camille, que j’avais invité sur mon podcast. Je vous invite à lire cet article-ci sur ce sujet !

10 – Respecter sa santé avec la nutrition bienveillante

Voilà le dernier des 10 principes de l’alimentation intuitive et ce n’est pas pour rien ! Quand on parle de faire la paix avec la nourriture, d’honorer sa faim et d’aborder ses envies de manger d’une manière inconditionnelle, des idées reçues peuvent surgir. Certains redoutent de se mettre à faire n’importe quoi, à manger uniquement du chocolat pendant des jours, à ne manger que des McDo et de finir par avoir une santé complètement dégradée… Peut-être que cela arrivera, parce qu’enfin, vous vous donnerez la permission inconditionnelle de manger, quel que soit l’aliment dont vous aurez envie. Mais au bout d’un moment, vous en aurez naturellement marre ! Vous serez écœuré. Je vous mets au défi de ne manger que du chocolat toute la journée pendant plus d’une journée… Vous viendrez me raconter ce qu’il se passe ! Ce serait une expérience intéressante. 😉 Si ces aliments ne sont plus diabolisés et qu’ils sont en permanence disponibles, au bout d’un moment, vous finirez par ne plus y penser, même quand ils seront dans votre placard. Je vous assure que ça finira par arriver, faite-moi confiance. 😊

Honorer sa santé avec la nutrition bienveillante, c’est aussi réapprendre petit à petit, à savoir intuitivement quels aliments vous conviennent mieux à tel moment :

  •  de la journée ;
  • de la semaine ;
  • de votre cycle si vous êtes une femme ;
  • voire à telle période de votre vie ;
  • ou après telle activités, etc.

Si vous savez que vous mangerez plus tard un midi, vous saurez que ce serait bien, le matin, de manger un peu plus que votre faim actuelle. Ainsi, vous n’aurez pas de gros creux en fin de matinée. Avec ce principe, il est question, là encore, d’honorer son propre corps. Il s’agit aussi d’honorer ce qui nous fait du bien et de faire des choix alimentaires en fonction de ce qui est bon pour nous et pour notre santé.

Si c’est le dernier des 10 principes de l’alimentation intuitive, ce n’est pas pour rien. C’est parce qu’il nécessite d’avoir balayé toutes les pensées de régime, toutes les injonctions diverses et variées et internalisées depuis tellement d’années que retrouver ce qui est vraiment bon pour vous demande du temps et de la patience.

Les 10 principes de l’alimentation intuitive | Pour conclure

Se libérer des pensées et des obsessions à propos de la nourriture, c’est un processus qui, je le répète encore une fois, nécessite de la patience. Mais, à terme, cela vous ouvrira tellement de possibles ! Il s’agit de retrouver une relation sereine avec la nourriture, mais aussi de diminuer le brouhaha que ça engendrait. Toute la place que ça prenait dans votre cerveau diminuera, tant pour ce qui concerne l’alimentation que l’aspect de votre corps, la taille de vos vêtements, les indicateurs relatifs au poids, etc. Toutes ces notions deviendront des non-sujets et ça libérera de la place dans votre mental pour accomplir ce qui est important pour vous et qui n’a rien à voir avec ça. 😊

Un exercice proposé en thérapie ACT, qui peut paraître un peu challengeant à certains, consiste à se demander ce que vous aimerez voir noté sur votre pierre tombale. Si on devait rendre hommage à votre vie entière, qu’est-ce que vous aimeriez entendre ? Qu’aimeriez-vous que les personnes de votre vie retiennent de vous ? « Elle a fait plein de régime, à contrôler son poids toute sa vie et elle avait une silhouette que tout le monde lui enviait ! » Avez-vous vraiment envie que les gens retiennent cela ? Vous avez sans doute énormément d’autres choses à accomplir… Il ne s’agit pas de transformer le monde, mais ça changera sans doute votre monde à vous et je pense que c’est ça qui est important. Qu’en pensez-vous ?

Nous arrivons à la fin de cet article. Ce ne fut pas un exercice simple pour moi que de résumer ainsi les 10 principes de l’alimentation intuitive ! Mais c’était important de pouvoir vous donner une vision un peu plus globale que d’habitude de cette thérapie. Pour terminer, je rappelle qu’il s’agit là de mes connaissances actuelles sur le sujet, c’est-à-dire en mars 2022. Si vous souhaitez que nous discutions plus en détail de l’un de ses principes ou de mon accompagnement Indépendance Cannelle, je vous attends sur mon compte Instagram, en commentaire ou via le formulaire de contact de mon site internet.

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